Code de transcription de l’imprimé en braille tome 1 lancement à Paris le 1er octobre 1991

L’événement qui nous réunit aujourd’hui, le lancement, en France, du premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille, est un hommage au génie de Louis Braille, à son audace, à son sens de l’innovation, à son désir de contribuer à l’éducation et l’épanouissement des aveugles.

***

Code de transcription de l’imprimé en braille tome 1 lancement à Paris le 1er octobre 1991

Lancement du Code à Paris 1er octobre 1991 / Nicole Trudeau au micro Université du Québec à Montréal / André Dufour, délégué général du Québec à Paris / André Vincent, Institut-Nazareth-et-Louis-Braille / Louis Ciccone, Directeur général Association Valentin Haüy Paris / Madame Lucienne Robillard, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science du Gouvernement du QuébecL’événement qui nous réunit aujourd’hui, le lancement, en France, du premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille, est un hommage au génie de Louis Braille, à son audace, à son sens de l’innovation, à son désir de contribuer à l’éducation et l’épanouissement des aveugles.

En effet, le système de lecture et d’écriture de Louis Braille, sans changer fondamentalement depuis plus de 160 ans, recèle un potentiel extraordinaire d’adaptation aux besoins et aux exigences de notre époque, ainsi qu’à nos pratiques.

Certes, le Braille a connu des crises de confiance mais, à chaque fois, il s’est réaffirmé comme un outil privilégié et indispensable d’accès à la connaissance et de transmission du savoir.

La gestation de l’idée d’un code pour standardiser le traitement des ouvrages de langue française lors de leur transcription en braille, l’élaboration, la réalisation et la diffusion du Code de transcription de l’imprimé en braille prouvent bien, s’il en est besoin, que le visionnaire Louis Braille a gagné son pari. C’est d’ailleurs dans le plus grand respect de l’essence de son système et de sa volonté de doter les aveugles d’un outil performant que le Code de transcription de l’imprimé en braille a été développé.

L’instruction des aveugles n’est pas une pratique récente. Ce qui l’est davantage, c’est la philosophie d’intégration des aveugles aux structures générales de la société, aux institutions (éducatives entre autres) fréquentées par l’ensemble de la population. Aussi longtemps que le mode d’accès à l’information était unique (le Braille pour tous les élèves dans une même classe, par exemple), l’interprétation des conventions du système se faisait, dans une très large mesure, par transmission orale. Mais, depuis que la situation d’apprentissage s’est modifiée et que le Braille est, en classe d’abord, constamment en intercommunication avec l’imprimé et ses utilisateurs, des besoins nouveaux se sont rapidement imposés, besoins que la fréquentation des études universitaires avait antérieurement révélés. Dès lors, pour que la communication soit efficace, l’information, complète, la normalisation est devenue impérieuse tout comme la recherche de solutions originales aux nouvelles réalités et aux nouveaux besoins. Qui n’a pas remarqué, dans l’imprimé, l’emploi croissant d’artifices visuels liés à l’interprétation du contenu?

Au-delà des composantes fondamentales du système Braille, aucun document de langue française n’avait, avant le Code de transcription de l’imprimé en braille, statué sur le traitement du texte imprimé lors de sa transcription en braille. Cet ouvrage représente donc un produit et un outil novateurs à cet égard. Il normalise, d’une part, un très grand nombre de pratiques des usagers du Braille, et, d’autre part, de nouvelles «façons de faire».

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille définit des normes:

Pour le format des volumes;

Pour le traitement:

      • Des différents caractères d’impression;
      • Des pages préliminaires;
      • Des catégories de titres;
      • De la pagination;
      • Des colonnes;
      • Des tableaux;
      • Des encadrés.

Mais, bien sûr, le Code expose d’abord le système Braille: ses caractères et ses symboles, ainsi que leurs modalités d’application.

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille s’articule en 10 chapitres et 11 appendices. La version en imprimé courant compte 374 pages et la version en Braille: 457 réparties en quatre volumes. Le texte est appuyé de très nombreux exemples mettant en parallèle la situation telle que présentée dans l’imprimé courant et sa reproduction en points Braille.

Le Code de transcription de l’imprimé en braille représente donc, en langue française, l’instrument unique de références, tant pour les lecteurs du Braille que pour les transcripteurs.

Pour élargir l’accès aux documents en braille, pour en simplifier la compréhension (le décodage) et peut-être même pour susciter de nouvelles collaborations, nous souhaitons que ce document ait le rayonnement qu’il mérite.

Si le premier tome du Code est à l’étape de la diffusion (ce dont nous sommes très fiers) puis de l’application généralisée au Québec, les autres tomes de ce même ouvrage sont en préparation. Bon nombre de pratiques de l’imprimé appellent encore une normalisation pour leur transcription en braille. Ne citons que:

Les notes et références : leur aménagement;

La couleur: son adaptation en braille lorsque, dans l’imprimé, elle a des fonctions autres qu’esthétiques;

Le graphisme tactile: c’est-à-dire la représentation en mode de décodage tactile des graphiques, si abondants, par exemple, dans les ouvrages de mathématiques et de sciences.

C’est d’ailleurs sur ce dernier sujet, le graphisme tactile, que nous concentrons présentement nos efforts. Mais ici, à la question de la normalisation s’ajoute, de façon tout à fait aiguë, celle de l’équipement adéquat de production informatisée du matériel graphique.

Nous sommes heureux de présenter notre contribution à la communauté des handicapés visuels de France et, de façon plus englobante, à la communauté francophone internationale. Nous vous remercions d’accueillir le Code de  transcription de l’imprimé en braille dans le plus grand intérêt des personnes pour lesquelles cet ouvrage a été conçu et réalisé. Et, souhaitant ce vœu partagé, nous vous exprimons notre désir de collaborer avec la communauté  des handicapés visuels de France dans la poursuite de ce vaste travail de normalisation.

Nicole Trudeau Ph.D.

Lancement du Code à Paris 1er octobre 1991 / Nicole Trudeau au micro Université du Québec à Montréal /

—-

Article publié dans :

INFO-DOC  Bulletin du Centre d’information typhlophilique de l’Institut Nazareth et Louis-Braille avec la collaboration de l’École Jacques-Ouellette /  Vol. 6, No 1, 3e trimestre 1992, pp. 114-118 / Nicole Trudeau Ph.D. /  Code de transcription de l’imprimé en braille, tome 1 lancement à Paris le 1er octobre 1991 à la résidence du délégué général du Québec à Paris, Monsieur André Dufour, et en présence de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science du Gouvernement du Québec, Madame Lucienne Robillard.

Sur des sujets apparentés :

Une première dans la francophonie internationale

Texte de présentation de Nicole Trudeau lors du lancement du Code de transcription de l’imprimé en braille  le 11 mai dernier 1990

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *