La décennie de la réappropriation du braille par les aveugles et de la revalorisation du sens du toucher

Aperçu du projet de recherche lancé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science, du Gouvernement du Québec au cours de la décennie des Nations Unies pour les personnes handicapées: projet de normalisation du braille dont les activités de recherche se développe à l’université du Québec à Montréal.

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La décennie de la réappropriation du braille par les aveugles et de la revalorisation du sens du toucher

RÉSUMÉ

La décennie des personnes handicapées a vu naître, au Québec, grâce à l’initiative et au soutien du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science, le Code de transcription de l’imprimé en braille. Elle a vu croître les attentes à l’égard du matériel tactile autre qu’alphabétique et numérique, c’est-à-dire graphique. Elle a été témoin de l’apparition d’équipements informatiques accessibles aux aveugles, dont les plages tactiles.

Quels ont été les leviers de ces réalisations? Quels en ont été les impacts? Quelles devraient en être les prochaines étapes au niveau de la recherche et du développement? Telles sont les principales questions qui sous-tendent notre propos, nos observations de synthèse et nos réflexions.

 «Les dix dernières années ont été témoin d’une importante production d’information en médias substituts. Il y a d’abord la production sur bande sonore qui a pris de l’ampleur (…). La surprise fut cependant la renaissance du braille (…).» (COPHAN, 1991).

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THE DECADE WHERE BRAILLE WAS REPOSSESSED BY BLIND PERSONS AND THE SENSE OF TOUCH WAS RE-VALUED

 ABSTRACT

The Decade of Disabled Persons saw the birth of the Code de transcription de l’imprimé en braille in Québec, through the initiative and support of the Ministère de l’Enseignement superior et de la Science. It also saw the development of tactile material (graphic material) other than alphabetical and numerical, as well as the onset of computer equipment accessible to blind people (tactile windows). 

What were the keys to these accomplishments? What were their impacts? What should be the next steps in research and development? These are the main questions underlying our discussion, observations, and reflections.

À l’intérieur de cette communication, nous présenterons principalement le projet de recherche lancé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science du Gouvernement du Québec au cours de la Décennie des Nations Unies pour les personnes handicapées (1983 1992) (Nations Unies, 1983). Il s’agit du projet de normalisation du braille dont les activités de recherche se développent à l’Université du Québec à Montréal.  Nous décrirons les réalisations de la première phase de ce projet. Nous exposerons les objectifs et le plan de travail de la deuxième phase et présenterons l’état de son évolution. Nous éclairerons le compte rendu de ce travail de réflexions sans lesquelles tant d’énergie fournie et de bonne volonté impliquée pourraient demeurer vaines. Toute personne s’incarne dans l’histoire; dès lors, sa vie et son travail ne prennent véritablement leur sens qu’à la lumière d’un passé et en prévision d’un avenir.

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 LA RENAISSANCE DU BRAILLE, UNE SURPRISE? 

Lorsque l’on considère que la scolarisation des aveugles précède de quelques décennies à peine(1) l’invention du système braille(2) et que, dès lors, la scolarisation de cette clientèle s’est rapidement répandue dans le monde, c’est plutôt la désaffection momentanée du braille(3) qui pourrait être perçue comme une surprise.

Si la technologie de la bande sonore, celle qui a permis la production du livre parlé, a, bien malgré elle, fait ombrage au braille dans le milieu de la déficience visuelle, c’est, dans une certaine mesure, une autre technologie, celle de l’informatique, qui a confirmé la pérennité du braille et démontré son potentiel d’adaptabilité par la mise au monde des plages tactiles.

La cassette et la synthèse vocale, le braille papier et le braille éphémère sont de formidables outils qui concourent à diversifier et à assouplir les voies d’accès à l’information.

Le sens du toucher et le sens de l’ouïe ont des caractéristiques perceptuelles particulières non interchangeables et ne peuvent qu’enrichir l’individu qui les développe.

LA NORMALISATION DU BRAILLE

La genèse du projet

Au début des années 80, le ministère de l’Éducation du Québec commence à financer la production de matériel en braille, d’abord pour les étudiants du niveau universitaire, puis, progressivement, pour les élèves des niveaux primaire et secondaire. La production accrue de documents didactiques en braille révèle une carence: l’absence d’uniformité dans les modalités du traitement du texte imprimé lors de sa transcription en braille. De cette constatation naît le besoin de normalisation.

Une grande réalisation de la première phase 

En 1985, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science (MESS) s’engage dans le processus de normalisation et commence à subventionner des projets de recherche qui conduisent, en 1989, à la publication du premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille. Cet ouvrage, instrument unique de références en langue française, est officiellement lancé au Québec en mai 1990 (Trudeau, 1990) et en France en octobre 1991 (Trudeau, 1992c).

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille définit des normes: pour le format des volumes; pour le traitement des différents caractères  d’impression, des pages préliminaires, des catégories de titres, de la pagination, des colonnes, des tableaux et des encadrés. Mais, bien sûr, le Code expose d’abord le système braille: ses caractères et ses symboles, ainsi que leurs modalités d’application. L’ouvrage s’articule en dix chapitres et onze appendices. La version en imprimé courant compte 374 pages et la version en braille, 457 réparties en quatre volumes. Le texte est appuyé de très nombreux exemples mettant en parallèle la situation telle qu’elle est présentée dans l’imprimé courant et sa reproduction en points braille (Trudeau, 1993, 1993a, 1992, 1992a, 1992b).

Les objectifs et le développement de la deuxième phase 

Avec le premier tome, le Code de transcription de l’imprimé en braille n’a pas couvert l’ensemble des éléments à normaliser pour assurer un minimum de précision et de qualité lors de la transcription en braille. C’est pourquoi, depuis janvier 1990, nous sommes engagés dans la phase II du processus de normalisation. Au nombre des éléments à normaliser, signalons, entre autres, les notes et références, la couleur et le graphisme tactile. C’est le graphisme tactile qui mobilise présentement toutes les énergies.

 Le graphisme tactile (Trudeau, 1993b) 

 Les besoins 

De façon de plus en plus pressante, les individus et les organismes réclament que des planches tactiles soient mises à la disposition des personnes déficientes visuelles. Ces outils sont sollicités tant par le milieu de l’éducation, à des fins d’apprentissage, que par celui de la réadaptation, à des fins de prise de contact, d’appréhension du monde dans de multiples domaines et circonstances.

 La problématique 

Pour faire un premier pas dans le domaine de l’image, du graphisme pour les non-voyants, il faut d’abord accepter de considérer des aspects tels que:

    • la représentation de l’image sous une forme autre que visuelle;
    • son apport dans l’univers de la non-voyante;
    • la représentation mentale de l’image chez le non-voyant;
    • le potentiel d’éveil, de développement et d’enrichissement de cette représentation;
    • les différences entre l’approche visuelle et l’approche tactile de l’image, leurs caractéristiques perceptuelles.

L’objectif ultime du projet global de recherche est  la normalisation. Le graphisme tactile est donc l’un des sujets qui doit satisfaire à cet objectif. Afin de bien saisir la problématique de la normalisation du graphisme tactile, il peut être utile de lui opposer celle de la normalisation du braille.

Cette dernière consiste à définir, au moyen de Conventions, les conditions de la pratique du braille dans différents cadres d’opérations (texte disposé pleine largeur ou en colonne, texte à compléter, etc.; colonnes de texte  ou d’éléments apparentés ou non; tableaux, encadrés, etc.), cadres tantôt analogues à ceux de l’imprimé, tantôt nécessitant une adaptation. La normalisation du braille se fait à partir d’un système déjà fortement structuré. En fait, ce n’est pas le braille qui fait véritablement l’objet de normalisation, mais essentiellement le format dans lequel on doit l’insérer. À cela s’ajoute, bien sûr, la recherche de solutions à des réalités auxquelles Louis Braille n’a pas été confronté lors de la conception de son système.

La normalisation du graphisme tactile pose un problème d’une tout autre envergure. Le système à partir duquel une image peut être tactilement décodée n’existe pas (4).

    • Bien sûr, cette image doit offrir du relief, mais de quelle importance? Peut-on travailler à plusieurs reliefs? Si oui, quelle gradation des reliefs permet une discrimination tactile porteuse d’informations?
    • Bien sûr, cette image doit offrir une bonne discrimination entre les divers éléments (points et lignes) qui la composent. Mais quelle distance entre les éléments permet une discrimination véritable et, par conséquent, un décodage utile?
    • Est-il pertinent d’exprimer tactilement le volume et la perspective? Si oui, les conventions visuelles sont-elles directement transposables en mode tactile?
    • Jusqu’à quel degré de complexité le décodage tactile donne-t-il accès? Si ce degré de complexité est inférieur au décodage visuel, comment analyser la composition graphique et classer les éléments par ordre d’importance?

Ces questions explicitent une partie de la problématique du graphisme tactile. On doit y ajouter les considérations et contraintes liées à l’équipement à partir duquel les images tactiles seront produites.

Avant que Louis Braille définisse son système de lecture et d’écriture (Braille, 1837) à partir d’une idée de Barbier (Mousty, 1986), la majorité des tentatives visant à donner aux aveugles un accès à la lecture se faisaient à partir de la reproduction embossée des symboles de l’alphabet visuel (Mousty, 1986; Murphy, 1989). Le système braille permet d’exprimer exactement le même contenu que l’alphabet traditionnel imprimé, mais il a  recours à des signes qui lui sont propres. De là à dire que la représentation tactile de l’image aurait besoin d’un système aussi précis que celui du braille, nous n’en sommes pas là. Mais le parallèle peut faire réfléchir sur l’envergure de la tâche à abattre, tâche naissante qui nécessite des recherches dans plusieurs domaines, y compris des recherches fondamentales au niveau des caractéristiques de la perception tactile.

Les objectifs particuliers 

 Le projet de recherche sur le graphisme tactile a pour but:

      • d’établir des normes pour la production du matériel graphique en mode de décodage tactile;
      • de constituer une banque informatisée d’éléments graphiques répondant aux normes définies.

 La démarche de recherche

Le projet comprend les étapes suivantes:

      • examen et évaluation de l’équipement disponible pour la production du graphisme tactile;
      • recensement des études sur le sujet;
      • inventaire des types de graphiques présents dans les manuels scolaires pour les niveaux élémentaire  et secondaires.

 L’évaluation de l’équipement disponible 

L’imprimante braille fut le premier équipement étudié et testé pour son potentiel graphique conjugué au traitement informatisé de l’image. Les résultats de cette étude se sont avérés majoritairement négatifs (Trudeau et Dubuisson, 1991, 1993).

Par contre, nous avons discerné dans l’imprimante Pixelmaster un potentiel intéressant (Miastkowski, 1990;  Trudeau et Dubuisson, 1991, 1993) au niveau du graphisme tactile. Cette imprimante à jet d’encre permet une très grande précision du tracé de l’image tactile. Les paramètres de hauteur de ligne (relief),de largeur de ligne et de texture de surfaces présentent, individuellement, une gamme d’options et leur conjugaison en  accroit les possibilités. C’est donc avec du matériel produit par cette imprimante que le travail se poursuit à l’Université du Québec à Montréal.

Le relief minimum produit par l’imprimante Pixelmaster est de 0,045 mm (1,77 millième de pouce), alors que le relief maximum est de 0,225 mm (8,86 millièmes de pouces). Sur la base tant du potentiel que des contraintes d’un tel appareil et compte tenu des options disponibles (Edman, 1992), nous avons fait l’hypothèse que cette gradation du relief, bien que limitée et, dans le meilleur des cas, inférieure au relief du point braille standard, offre un potentiel qui mérite d’être considéré et éprouvé.

 Des activités de validation 

Pour vérifier si l’option retenue était bénéfique aux utilisateurs, des expérimentations ont été planifiées et réalisées auprès de groupes de jeunes en milieu scolaire.

La première expérimentation a été menée en juin 1991. Elle visait à vérifier l’habileté des sujets à différencier tactilement les divers reliefs des lignes. Les paramètres utilisés lors de cette expérimentation furent: le relief, le papier, les droites et leurs angles.

Au nombre des résultats obtenus, mentionnons que les taux moyens de réussite furent supérieurs à 95% (Trudeau et Dubuisson, 1991, 1993).

La deuxième expérimentation s’est déroulée en mai 1992. Elle visait à vérifier l’habileté des sujets à différencier tactilement trois formes géométriques: le cercle, le carré et le triangle équilatéral. Les paramètres utilisés lors de cette expérimentation furent le relief et les formes géométriques de base (plus spécifiquement leurs dimensions et agencements). Au nombre des données compilées, on observe que 98,63% des questions relatives à l’identification des formes suscitent des réponses justes et que 100% des réponses impliquant le cercle sont exactes.

La troisième expérimentation a eu lieu en juin 1992. Elle visait à vérifier l’habileté des sujets à différencier tactilement des textures de surface. Les paramètres utilisés lors de cette expérimentation furent le relief, la texture (six types) et les surfaces texturées (trois contextes précis).

La somme des données recueillies au cours de cette dernière expérimentation, somme additionnée aux informations fournies par les deux précédentes, met à notre disposition une banque d’éléments dont les angles d’observation, d’analyse et de réflexion sont multiples. Par conséquent, le travail d’interprétation des messages reçus des sujets ayant accepté de collaborer se poursuit. Il devrait nous amener à un approfondissement des données, à un élargissement des informations particulières et à une meilleure compréhension des habiletés tactiles de base. Une telle tâche constitue le préalable à la  planification de la quatrième expérimentation.

D’ores et déjà, nous pouvons affirmer que, dans chacun des contextes graphiques auxquels les sujets ont été exposés, des droites, des formes géométriques et des surfaces texturées de reliefs inférieurs à celui du point braille peuvent être repérées. Nous disposons là d’éléments qui nous prouvent qu’il n’est pas indispensable de proposer un relief très accentué pour que des éléments tactiles soient discriminables. Par conséquent, si le relief peu accentué «parle» dans le contexte du décodage tactile, une gamme élargie de reliefs offrirait d’intéressants éléments de contraste et, parallèlement, un possible  enrichissement des données tactilement décodables. Les limites actuelles sont ici non pas d’ordre perceptuel mais d’ordre mécanique.

La validation progressive de paramètres propres au matériel graphique tactile par les utilisateurs de ce matériel est une étape incontournable. Elle ponctue le long chemin à parcourir pour atteindre, pas à pas, les objectifs du projet de recherche, soit l’élaboration de normes et d’une banque informatisée d’éléments graphiques.

D’HIER À AUJOURD’HUI 

Depuis le début de l’institutionnalisation de l’éducation des aveugles jusqu’à la décennie 70, tous les jeunes qui fréquentaient de telles institutions apprenaient à maîtriser le braille et à l’utiliser pour leurs études. Les premières heures de l’ère de la désinstitutionalisation et de l’intégration au milieu naturel, tant familial que scolaire, ont été témoins d’un appauvrissement de l’alphabétisation des aveugles, parfois même dans le milieu scolaire intégré. Le manque de ressources spécialisées pour enseigner le braille et les méthodologies de travail inhérentes à cette technique, pourtant incontournable pour la scolarisation de toute personne non véritablement fonctionnelle avec l’imprimé, explique en grande partie, cette situation. Comme le milieu spécialisé (et d’abord les maisons d’enseignement) constituait la principale source de transmission des connaissances et des habiletés en braille, une fois ce milieu éclaté, où trouver les ressources pour assurer la continuité de cette formation et de cette  information? Dans les centres de réadaptation en déficience visuelle, auprès des services d’éducation aux adultes dans certaines commissions scolaires, à l’intérieur du programme de diplôme en éducation spécialisée du module de réadaptation en déficience visuelle de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Mais, encore aujourd’hui, quelle université québécoise offre, dans le contexte de la formation des maîtres, un cours dédié à l’enseignement du braille, à ses pratiques pédagogiques et à l’exploration tactile?

Pourtant, qui dit alphabétisation dit apprentissage du code d’accès et de maîtrise d’une langue, donc apprentissage de la lecture et de l’écriture. Or, pour les personnes qui ont une déficience profonde de la vision, l’outil par excellence de l’alphabétisation, c’est le braille qu’il faut apprendre à utiliser ou à enseigner, à maîtriser et à adapter à diverses circonstances et à des équipements variés. L’intensification de cet enseignement et son  rayonnement croîtront parallèlement à la prise de conscience des intervenants du milieu de la déficience visuelle de ce que représente cette technique pour leur clientèle.

DES LIMITES IMPOSÉES AUX LIMITES QU’ON SE CRÉE 

La cécité jette, de façon dramatique, un interdit sur tout accès direct à la communication visuelle écrite. La déficience visuelle restreint, à des degrés divers, un tel accès. Pour pallier ces interdits et limitations, toutes les avenues sont souhaitables et même nécessaires. Cantonner les personnes de cécité totale uniquement dans la technologie de l’audio sous prétexte que le braille est trop difficile ou trop long à maîtriser, cantonner les personnes avec une déficience visuelle profonde dans l’imprimé même lorsque ce médium engendre un rythme de lecture ne permettant pas de saisir le sens du texte déchiffré, c’est ajouter aux limites imposées des limites évitables.

Dans l’univers si vaste et si complexe qu’est celui de la connaissance et de la communication, la cassette audio, la cassette vidéo, la disquette et le livre (imprimé et en braille) jouent des rôles précis, donc complémentaires. Il serait infiniment dramatique que le milieu de la déficience visuelle rejette ou discrédite l’un ou l’autre de ces outils, qu’il les sous-estime ou les confonde en les percevant et en les proclamant équivalents.

Si l’on doit comprendre les programmes d’intervention auprès de la personne déficiente visuelle comme des façons de pallier les limites imposées, il faut donc initier cette personne à tous les outils et techniques qui lui permettront de réduire ses limites et d’accroître son efficacité en toutes circonstances.

CONCLUSION 

Au Québec, la Décennie des Nations Unies pour les personnes handicapées a été marquée, d’une part, par une poussée significative de la production de matériel de communication et d’études en braille et, d’autre part, par des travaux de recherche qui ont, à ce jour, conduit à la publication du premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille. Par cet ouvrage, entre autres, le Québec s’est placé sur la voie de l’innovation. L’effet bénéfique de ce Code est de rationaliser la présentation du matériel, d’accroître sa qualité, de faciliter sa compréhension, sa circulation et sa diffusion et, enfin, d’amorcer une concertation dans l’univers francophone. Le soutien ininterrompu du Gouvernement du Québec aux travaux de recherche, depuis 1985, a été doublé d’une reconnaissance officielle de l’ouvrage, ainsi que d’une participation dans son implantation en suscitant et finançant des sessions de formation, entre autres, pour les enseignants et les transcripteurs.

Puisse la décennie qui s’engage voir se maintenir, se développer et fructifier de tels investissements financiers et humains afin que les personnes déficientes visuelles prennent une part croissante, de plus en plus active et créative, dans cette société à laquelle elles désirent s’intégrer véritablement.

NICOLE TRUDEAU Ph.D.
Agente de recherche
Responsable du projet :
Code de transcription de l’imprimé en braille, Phase II
Université du Québec à Montréal

Notes   

    1. Valentin Haüy fonde en 1784 à Paris l’Institution royale des jeunes aveugles. Mousty,
    1. 1825 — L’essentiel du procédé de Louis Braille est conçu.
      1829 — Publication du premier exposé de sa méthode: Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points à l’usage des aveugles et disposés pour eux.
      1837 — Publication de la version définitive de cet ouvrage.
    1. Désaffection qui coïncide, au Québec, entre autres, avec la fermeture des écoles spécialisées pour les aveugles et le  renforcement de la théorie de l’intégration.
    1. Lire l’excellent article de Murphy, 1989.
    1. Nous avons délibérément exclu, à ce stade, l’examen des ouvrages utilisés à des niveaux supérieurs.
    1. Relief du point braille standard = 0,33 à 0,38 mm (13 à 15 millièmes de pouce).

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Bibliographie 

BRAILLE, Louis (1837). Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points à l’usage  des aveugles et disposés pour eux. Paris.

CONFÉDÉRATION DES ORGANISMES PROVINCIAUX DE PERSONNES HANDICAPÉES DU QUÉBEC (COPHAN) (1991). À la veille de l’an 2000. L’égalité des chances: bilan d’une décennie et perspective d’avenir. Rapport de la Commission consultative sur la situation des personnes handicapées au Québec.

EDMAN, Polly (1992). Tactile Graphics. American Foundation for the Blind. New York.

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC (1989). Code de transcription de l’imprimé en braille, tome I.

MIASTKOWSKI, Stan (1990). «Printer Generates Tactile Graphics for the Blind». Byte, vol. 15, n° 3, p. 24, 28.

MOUSTY, Philippe (1986). La lecture et l’écriture Braille (thèse de doctorat). Université Libre de Bruxelles.

MURPHY, Paul (1989). «The Microcomputer and Tactual Graphics». Closing the Gap, vol. 8, n° 3, p. 14-15, 36-37.

NATIONS UNIES, ASSEMBLÉE GÉNÉRALE TRENTE SEPTIÈME SESSION 1982. Décennie des Nations Unies pour les personnes handicapées 1983-1992 (1983). Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées.  New York.

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TRUDEAU, Nicole (1990). «Lancement du Code de transcription de l’imprimé en braille le 11  mai 1990». InfoRAAQ, vol. 12, n° 4, p. 14-17.

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TRUDEAU, Nicole et Colette DUBUISSON (1991). «Tactile Graphics in Braille Texts». Conference proceedings World Congress on Technology, December 1-5, 1991.  Arlington Virginia, vol. 4, p. 382-400.

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Article publié dans:

OFFICE DES PERSONNES HANDICAPÉES DU QUÉBEC (OPHQ) / Actes du colloque scientifique international: Élargir les horizons: perspectives scientifiques sur l’intégration sociale / 18-20 novembre 1992, Montréal, Québec / Éditions Multimondes, juin 1994, pp. 887-900 / Nicole Trudeau Ph.D. / La décennie de la réappropriation du braille par les aveugles et de la revalorisation du sens du toucher.

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