Texte de présentation de Nicole Trudeau

lors du lancement du Code de transcription de l’imprimé en braille le 11 mai dernier (1990)

L’événement qui nous réunit aujourd’hui, le lancement du premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille, est un hommage au génie de Louise Braille, à son audace, à son sens de l’innovation, à son désir de contribuer à l’éducation et à l’épanouissement des aveugles.

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Texte de présentation de Nicole Trudeau lors du lancement du Code de transcription de l’imprimé en braille le 11 mai dernier (1990)

L’événement qui nous réunit aujourd’hui, le lancement du premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille, est un hommage au génie de Louis Braille, à son audace, à son sens de l’innovation, à son désir de contribuer à l’éducation et à l’épanouissement des aveugles.

En effet, le système de lecture et d’écriture de Louis Braille, sans changer fondamentalement depuis 160 ans, recèle un potentiel extraordinaire d’adaptation aux besoins et aux exigences de notre époque, ainsi qu’à nos pratiques.

Certes, le Braille a connu des crises de confiance mais, à chaque fois, il s’est réaffirmé comme un outil privilégié et indispensable d’accès à la connaissance et de transmission du savoir.

La gestation de l’idée d’un code pour standardiser le traitement des ouvrages de langue française lors de leur transcription en braille, l’élaboration, la réalisation et la diffusion du Code de transcription de l’imprimé en braille prouvent bien, s’il en était besoin, que le visionnaire Louis Braille a gagné son pari. C’est d’ailleurs dans le plus grand respect de l’essence de son système et de sa volonté de doter les aveugles d’un outil performant que le Code de transcription de l’imprimé en braille a été développé.

L’instruction des aveugles n’est pas une pratique récente. Ce qui l’est davantage, c’est la philosophie d’intégration des aveugles aux structures générales de la société, aux institutions (éducatives entre autres) fréquentées par l’ensemble de la population. Aussi longtemps que le mode d’accès à l’information était unique (le Braille pour tous les élèves dans une même classe par exemple), l’interprétation des conventions du système se faisait, dans une très large mesure, par transmission orale. Mais, depuis que la situation d’apprentissage s’est modifiée et que le Braille est, en classe d’abord, constamment en intercommunication avec l’imprimé et ses utilisateurs, des besoins nouveaux se sont rapidement imposés, besoins que la fréquentation des études universitaires avaient antérieurement révélés. Dès lors, pour que la communication soit efficace, l’information complète, la normalisation est devenue impérieuse tout comme la recherche de solutions originales aux nouvelles réalités et aux nouveaux besoins. Qui n’a pas remarqué, dans l’imprimé, l’emploi croissant d’artifices visuels liés à l’interprétation du contenu?

Au-delà des composantes fondamentales du système Braille, aucun document de langue française n’avait, avant ce jour, statué sur le traitement du texte imprimé lors de sa transcription en braille. Le Code de transcription de l’imprimé en braille représente donc un produit et un outil novateurs à cet égard. Il normalise, d’une part, un très grand nombre de pratiques des usagers du Braille, et, d’autre part, de nouvelles « façons de faire ».

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille définit des normes:

  • Pour le format des volumes;
  • Pour le traitement: des différents caractères d’impression, des pages préliminaires, des catégories de titres, de la pagination, des colonnes, des tableaux, des encadrés.

Mais, bien sûr, le Code expose d’abord le système Braille: ses caractères et ses symboles, ainsi que leurs modalités d’application.

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille s’articule en 10 chapitres et 11 appendices. La version en imprimé courant compte 374 pages et la version en Braille: 457 réparties en quatre volumes. Le texte est appuyé de très nombreux exemples mettant en parallèle la situation telle que présentée dans l’imprimé courant et sa reproduction en points Braille.

Le Code de transcription de l’imprimé en braille représente donc, en langue française, l’instrument unique de références, tant pour les lecteurs du Braille que pour les transcripteurs.

Pour élargir l’accès aux documents en braille, pour en simplifier la compréhension (le décodage) et peut-être même pour susciter de nouvelles collaborations, nous souhaitons que ce document ait le rayonnement qu’il mérite.

Si le premier tome du Code est à l’étape de la diffusion (ce dont nous sommes très fiers) puis de l’application généralisée, les autres tomes de ce même ouvrage sont en devenir. Bon nombre de pratiques de l’imprimé appellent encore une normalisation pour leur transcription en braille. Ne citons que

    • Le graphisme tactile: c’est-à-dire la représentation en mode de décodage tactile des graphiques, si abondants par exemple dans les ouvrages de mathématiques et de sciences;
    • La couleur: son adaptation en braille lorsque, dans l’imprimé, elle a des fonctions autres qu’esthétiques;
    • Les notes et références: leur aménagement.

La liste des personnes et des organismes à remercier pour leur appui et leur travail tout au long de la démarche vers la présente réalisation ne peut être détaillée ici. Puissent tous les collaborateurs et collaboratrices se reconnaître et accepter l’expression de ma gratitude ainsi que celle de tous les bénéficiaires de l’ouvrage réalisé.

Nicole Trudeau Ph.D.

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Article publié dans:

«INFO-RAAQ» Bulletin du regroupement des aveugles et amblyopes du Québec (RAAQ) / Vol. 12, no 4, juillet-août 1990, pp. 15-17; édition braille, pp. 22-26 / Volet Éducation / Texte de présentation de Nicole Trudeau lors du lancement du Code de transcription de l’imprimé en braille le 11 mai dernier.

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