Les abréviations: leurs fonctions et traitements

Les utilisateurs du Braille savent que les abréviations qu’ils lisent ne sont pas présentées sous cette même forme dans l’imprimé. Mais, se souviennent-ils que les abréviations Braille ne contractent que des mots écrits en toutes lettres dans l’imprimé? Que les abréviations parfois utilisées dans l’imprimé ne recoupent pas nécessairement les abréviations Braille?

***

Les abréviations: leurs fonctions et traitements

1.  Pour une plus grande précision

Les utilisateurs du Braille savent que les abréviations qu’ils lisent ne sont pas présentées sous cette même forme dans l’imprimé. Mais, se souviennent-ils

      • Que les abréviations Braille ne contractent que des mots écrits en toutes lettres dans l’imprimé ?
      • Que les abréviations parfois utilisées dans l’imprimé ne recoupent pas nécessairement les abréviations Braille?

C’est sur de telles précisions qu’il convient de jeter un nouvel éclairage.

2.  La position du Code et, par conséquent, la norme pour les transcripteurs et producteurs

«(…) pour que le lecteur du texte en braille réalise qu’il y a abréviation dans l’imprimé courant, il convient de reproduire textuellement l’abréviation y apparaissant (…)» 1. «Par conséquent, lorsque l’on rencontre des abréviations dans l’imprimé courant on les transcrit en braille sans introduire d’abréviations conventionnelles du Braille abrégé, et cela, afin qu’aucune équivoque ne se crée dans la compréhension du lecteur du Braille.» 2

2.1  Quelques exemples

Si, dans l’imprimé, on lit:

      • Quest. (pour désigner question),
      • qqn (pour désigner quelqu’un),
      • c-à-d. (pour désigner c’est-à-dire),

ce sont ces mêmes assemblages de lettres qu’il faut reproduire en braille et non les abréviations Braille conventionnelles.

Ces dernières ont pour fonction, ne l’oublions pas, de contracter les mots dont toutes les lettres sont représentées.

Par conséquent, le texte en braille doit permettre de faire la différence entre les abréviations qui contractent les mots (les abréviations Braille) et les abréviations de l’imprimé transcrites en braille. En aucun cas ces dernières ne doivent être de nouveau abrégées en braille.

2.2  Rayonnement pédagogique de la norme

Cette façon de faire a, une nouvelle fois,3 une fonction pédagogique. En fréquentant des textes traités de la sorte, on observe, on assimile, on apprend. Ainsi, lorsque l’on rédige et adresse du courrier en imprimé, par exemple, soit pour demander un emploi, soit pour solliciter un rendez-vous, soit à toute autre fin, ce sont les abréviations: M. (pour Monsieur) et Mme (pour Madame) qui devront figurer et non mr et md (abréviations spécifiques au Braille abrégé).

2.3   Précautions

Si une abréviation de l’imprimé risque, lorsque reproduite en braille, d’être confondue ou confondante, on fait précéder le groupe de caractères par le point 6 (valeur de base ou «signe d’intégral»). Exemples: – bd (abréviation Braille) exprime boulevard; – bd (abréviation de l’imprimé) désigne bd. Pour communiquer cette dernière précision, les deux lettres doivent être précédées du point 6.

3. Le cas de et caetera

Il est extrêmement rare que l’on écrive en toutes lettres l’expression: et caetera. Dans l’imprimé, l’abréviation de cette expression est: etc. À la lumière de la norme qui vient d’être expliquée, en braille, une telle abréviation doit être reproduite lettre pour lettre, puisque, d’une part, l’expression n’ayant pas été écrite en toutes lettres, il n’y a pas lieu de l’abréger en braille et que, d’autre part, toute abréviation de l’imprimé doit désormais être transcrite in extenso en braille.

4.  Impacts et préséance

Cette clarification du traitement des abréviations de l’imprimé apportée par le Code de transcription de l’imprimé en braille a un impact sur les positions de même nature de l’Index de l’abrégé orthographique français étendu4. Mais, au Québec, de par la volonté du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science, le Code a préséance sur les autres documents dont certains font d’ailleurs présentement l’objet de réflexions.

Nicole Trudeau Ph.D.

NOTES :

1  GOUVERNEMENT DU QUÉBEC / Code de transcription de l’imprimé en braille / 1989 / Chap. III, par. 2.3, p. 81.

2  bid., pp. 82-83

3  Voir: Une volonté d’accroître la précision du contenu dans: INFO-RAAQ / vol. 14 no 5, pp. 16-20.

4  Index de l’abrégé orthographique français étendu / American Foundation for Overseas Blind / 1955 / par. 26.

—-

Article publié dans :

INFO-RAAQ Bulletin du Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec (RAAQ)  / Vol. 15, no 3, mai – juin 1993, Volet Éducation, pp. 9-12,  édition en braille: pp. 9-13 /  Nicole Trudeau Ph.D. / Les abréviations: leurs fonctions et traitements.

—-

Sur des sujets apparentés : 

Le braille et l’intégration

Une volonté d’accroître la précision du contenu

Au service de la navigation tactile

Au service de la navigation tactile (suite)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *