1993 – Au service de la navigation tactile

Par navigation, il faut comprendre cette façon d’explorer un ouvrage, un article, d’y jeter un premier «coup d’œil», d’y effectuer un «balayage» initial dans le but de prendre connaissance de son ampleur, de sa structure, de son organisation en sections et sous-sections, etc.

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Au service de la navigation tactile

1  La navigation

Par navigation, il faut comprendre cette façon d’explorer un ouvrage, un article, d’y jeter un premier «coup d’Ĺ“il», d’y effectuer un «balayage» initial dans le but de prendre connaissance de son ampleur, de sa structure, de son organisation en sections et sous-sections, etc. Les informations gĂ©nĂ©rales recueillies lors d’une telle exploration permettent, par la suite, une circulation plus aisĂ©e et plu rapide Ă  l’intĂ©rieur du document.  

2  Quelques phares pour la navigation

Lors d’un balayage exploratoire, l’attention du lecteur devrait ĂŞtre centrĂ©e, entre autres, sur des Ă©lĂ©ments tels que la pagination, les titres, les tirets, etc. de tels Ă©lĂ©ments-repères se rĂ©vĂ©leront d’une aide inestimable lorsque sera effectuĂ©e une recherche spĂ©cifique d’informations.

2.1   La pagination

«La pagination est l’action d’identifier les numĂ©ros des pages d’un ouvrage.»¹

Dans presque tous les cas, le livre en braille constitue, non pas un document original, mais la reproduction d’un ouvrage publiĂ© en imprimĂ©. Ă€ cause de cet Ă©tat de fait, d’une part, et des conditions inhĂ©rentes Ă  une communication de qualitĂ©, d’autre part, il est non seulement souhaitable mais nĂ©cessaire que la pagination du documentoriginal apparaisse dans la copie en braille de ce mĂŞme document. Cette pagination de l’imprimĂ© doit, bien sĂ»r, ĂŞtre doublĂ©e par la numĂ©rotation des pages braille.

Cette méthodologie peut être perçue, soit comme une surcharge, soit comme une précision des plus utiles.

Rappelez-vous ou imaginez-vous des circonstances du genre de celles-ci:

Vous avez lu, en braille, un excellent article. Vous suggĂ©rez Ă  un ami qui utilise l’imprimĂ© d’en prendre connaissance. Si vous lui prĂ©cisez le numĂ©ro de la page du dit article, vous Ă©tablissez une communication directe et efficace.

Vous participez Ă  une rĂ©union. Pendant les discussions, on fait rĂ©fĂ©rence Ă  une phrase prĂ©cise Ă  la page 7 d’un document dont toutes les personnes ont copie. Si la pagination de l’imprimĂ© a Ă©tĂ© insĂ©rĂ©e dans le document en braille, l’accès Ă  la source dĂ©signĂ©e se fera avec efficacitĂ©, quel que soit le mĂ©dia utilisĂ©.

2.1.1   La pagination de l’imprimĂ©

L’information disposĂ©e Ă  l’intĂ©rieur d’une page en imprimĂ© nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement, lors de la transcription en braille, un Ă©talement sur deux pages ou plus. En insĂ©rant la pagination de l’imprimĂ© sur chacune des pages braille, un mĂŞme folio (numĂ©ro de page) est affichĂ© plus d’une fois. Dans ces circonstances, lorsque le folio apparaĂ®t pour la première fois, il n’est composĂ© que du numĂ©ro (ex.: 20); lorsqu’il apparaĂ®t pour la deuxième fois, il est prĂ©cĂ©dĂ© de la lettre a (ex.: a20); lorsqu’il apparaĂ®t pour la troisième fois, il est prĂ©cĂ©dĂ© de la lettre b (ex.: b20); etc.

En plus de permettre une communication plus rapide et plus prĂ©cise entre l’utilisateur du document en imprimĂ© et l’utilisateur du document en braille, cette mĂ©thodologie de la pagination permet une localisation assez prĂ©cise de l’information dans la page. En effet, le folio 20 marque le dĂ©but de la page, alors que le folio b20 renvoie vers la fin de cette mĂŞme page.

En bref, le folio de l’imprimĂ© est exprimĂ© en chiffres et prĂ©cisĂ©, au besoin, par une lettre minuscule. Il est disposĂ© sur la première ligne de chaque page Ă  l’angle supĂ©rieur droit.

2.1.1.1   L’indicateur de  changement de page

Lors de la transcription en braille, les changements de page coĂŻncident rarement  entre le document imprimĂ© et le document en braille. Sauf dans des cas très spĂ©cifiques, une telle correspondance ne s’impose pas. Ce qui s’impose, par contre, c’est une façon de marquer, en braille, le changement de page dans l’imprimĂ©. Ce marqueur tactile, c’est l’«indicateur de changement de page dans l’imprimé». Ce symbole «est formĂ© du caractère (points 3-6), caractère rĂ©pĂ©tĂ© sur toute la justification de la page»², c’est-Ă -dire, de la marge de gauche Ă  la marge de droite d’une mĂŞme ligne. Ă€ ce symbole se rattache le numĂ©ro de la nouvelle page dans l’imprimĂ©.

Ce symbole tactile, des plus tangibles, se repère très facilement par la main en effectuant un balayage vertical de la page. L’indicateur de changement de page dans l’imprimĂ© n’est jamais isolĂ© par des lignes en blanc.

2.1.2  La pagination du document en braille

Cette pagination permet de faire le dĂ©compte des pages braille. Elle est exprimĂ©e en chiffres. Elle se place Ă  l’extrĂŞme droite de la dernière ligne de chaque page braille.

Dans un ouvrage qui compte plusieurs volumes en braille, la pagination braille est continue d’un volume Ă  l’autre. Par exemple, si le premier volume en braille se termine Ă  la page 100, la première page du corps du texte du deuxième volume doit afficher le folio 101.Âł

Nicole Trudeau Ph.D

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NOTES 

(1) GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Code de transcription de l’imprimĂ© en braille, 1989, p. 113.

(2) Ibid., p. 114.

(3) Ibid., p. 125, par. 4.5.2.2.

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Article publié dans :

INFO-RAAQ Bulletin du Regroupement des Aveugles et Amblyopes du QuĂ©bec (RAAQ) / Vol. 14, no 6, Novembre – DĂ©cembre 1992 pp. 22-26;  édition braille pp. 23-29 / Nicole Trudeau Ph.D. / Au service de la navigation tactile.

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