1991 Une autre grande date de l’histoire du braille dans la francophonie

En 1991, c’est le lancement du Code de transcription de l’imprimé en braille dans la francophonie qui marque une grande date de l’histoire du braille. Retour sur l’événement, son sens et sa portée, ainsi que sur le contenu de la publication.

***

1991 Une autre grande date de l’histoire du braille dans la francophonie

—-

Acétate *A1*

1991 Une autre grande date de l’histoire du braille dans la francophonie

Préambule

Il me fait plaisir de me joindre au présent colloque qui s’inscrit dans le cadre de grandes réjouissances, celles du 140e anniversaire du début de la scolarisation des aveugles francophones en Amérique du nord.

Je ne peux m’empêcher de vous dire, par la même occasion, qu’il m’arrive d’avoir une pensée nostalgique pour toutes ces personnes aveugles qui ont vécu pendant des siècles sans l’accès à l’alphabétisation. Ce bref regard dans le temps devrait contribuer à nous faire prendre la mesure de l’importance de la fondation de l’Institut Nazareth et stimuler chez nous un profond sentiment de reconnaissance à l’égard de tous ceux qui, de près ou de loin, ont non seulement contribué à jeter les bases de la scolarisation et de la formation des aveugles mais qui ont travaillé sans relâche à faire évoluer le projet et surtout à y croire.

Présentation

Le sujet de mon intervention m’a directement été inspiré par la paraphrase de la thématique du colloque, paraphrase à laquelle j’ajoute un troisième élément chronologique et que je me permettrai de reformuler ainsi pour circonscrire mon propos :

2001 constitue le 140e anniversaire de «la fondation du premier établissement québécois dédié aux personnes ayant une déficience visuelle »;
2001 marque le 20e anniversaire de «l’année internationale des personnes handicapées»; mais 2001 rappelle aussi le 10e anniversaire du lancement officiel, à Paris, du Code de transcription de l’imprimé en braille.

Lancement du Code à Paris 1er octobre 1991 / Madame Lucienne Robillard au micro, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science du Gouvernement du Québec / André Dufour, délégué général du Québec à Paris / Nicole Trudeau, Université du Québec à Montréal / André Vincent, Institut-Nazareth-et-Louis-Braille / Louis Ciccone, Directeur général Association Valentin Haüy

C’est donc à cet événement et surtout à son sens et à sa portée que je vais consacrer les prochaines minutes.

CODE DE TRANSCRIPTION DE L’IMPRIMÉ EN BRAILLE  PUBLICATION ET LANCEMENTS OFFICIELS

C’est en 1985 que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science du Gouvernement du Québec donne son aval à l’amorce d’une démarche ayant pour objectif l’élaboration de normes devant régir la transcription d’ouvrage en braille, prioritairement dans un contexte didactique. Un tel appui, renouvelé au cours des années successives, a permis la publication du premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille en 1989, puis sa révision en 1996.

Standardiser les normes de transcription en braille, exploiter la sophistication potentielle du braille, non pour lui-même, mais au service des gens pour qui il a été conçu, pour qui il demeure un outil exceptionnel d’autonomie croissante, tels sont les objectifs qui sous-tendent l’élaboration du Code de transcription de l’imprimé en braille.

Le Code de transcription de l’imprimé en braille est le fruit de réflexions, de recherches, de consultations et d’échanges visant à cristalliser des «façons de faire» susceptibles d’apporter, dans une perspective de continuité, des solutions à des problèmes maintes fois rencontrés par les utilisateurs du braille (ex.: l’absence de l’identification de la pagination de l’imprimé), mais aussi par les transcripteurs (ex.: absence de symbole pour reproduire le copyright, les crochets, les accolades, parmi tant d’autres, l’absence de modèles et de règles lors de la transcription d’une table des matières, etc.)

—-

Acétate *A2*

L’acétate présentement à l’écran donne un aperçu du contenu de la page titre de la première édition du Code. J’en ferai la lecture pour le bénéfice de chacun d’entre vous.

CODE DE TRANSCRIPTION DE L’IMPRIMÉ EN BRAILLE TOME I

Publié sous la direction du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science
Avec le concours du ministère de l’Éducation

Le présent ouvrage a été publié grâce au soutien financier de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche universitaires du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science.

Toutefois, l’élaboration des onze fascicules qui ont présidé à la publication du premier tome de ce Code n’aurait pu se concrétiser sans l’apport d’autres partenaires financiers:  la Direction générale des moyens d’enseignement du ministère de l’Éducation, la Commission scolaire régionale de Chambly et l’Institut Nazareth et Louis-Braille.

Conception des normes
Paul-Henri Buteau
Nicole Trudeau

Rédaction de l’ouvrage
Nicole Trudeau

—-

Acétate *A3*

Après avoir été publié en 1989, le tome I du Code de transcription de l’imprimé en braille a été officiellement lancé au Québec le 11 mai 1990 par le sous-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, Monsieur Marcel Gilbert, dans les locaux de l’Institut Nazareth et Louis-Braille et en présence de nombreux membres de la direction et du personnel de cet organisme, entre autres.

Lancement officiel au Québec : De gauche à droite : Normand Giroux, Marcel Gilbert, Nicole Trudeau, Nadia Momagny, Alain Boucher et Yvan Pelchat

—-

Acétate *4*

Cet ouvrage a également fait l’objet d’un lancement officiel à Paris par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science du Gouvernement du Québec, Madame Lucienne Robillard, dans le cadre de la francophonie internationale. L’événement s’est tenu à la résidence du délégué général du Québec à Paris, Monsieur André Dufour, en présence du directeur général de l’Association Valentin Haüy, Monsieur Louis Ciccone.

Lancement du code à Paris 1er octobre 1991La légende sous cette photo reproduit la description parue dans Lettre du Québec, Publication de la Délégation générale du Québec, Paris, volume 5, no 2, octobre 1991, description qui se lit comme suit :

Mme Robillard (ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science) a assisté au lancement du premier Code de transcription de l’imprimé en braille, en présence de M. André Dufour, Délégué général du Québec, M. André Vincent, de l’Institut Nazareth et Louis Braille, Mme Nicole Trudeau, responsable de la rédaction et M. Louis Ciccone, de l’Association Valentin Haüy.

L’événement commémoré mérite que l’on revisite le texte officiel de présentation, texte qui cerne de façon synthétique mais précise le contexte, le propos et le contenu de l’ouvrage. J’en ferai donc la lecture, alors que le texte sera également à l’écran.

—-

Acétate *A5*

Code de transcription de l’imprimé en braille

L’événement qui nous réunit aujourd’hui, le lancement, en France, du premier tome du  Code de transcription de l’imprimé en braille, est un hommage au génie de Louis Braille, à son audace, à son sens de l’innovation, à son désir de contribuer à l’éducation et à l’épanouissement des aveugles.

En effet, le système de lecture et d’écriture de Louis Braille, sans changer fondamentalement depuis plus de 160 ans, recèle un potentiel extraordinaire d’adaptation aux besoins et aux exigences de notre époque, ainsi qu’à nos pratiques.

Certes, le Braille a connu des crises de confiance mais, à chaque fois, il s’est réaffirmé comme un outil privilégié et indispensable d’accès à la connaissance et de transmission du savoir.

La gestation de l’idée d’un code pour standardiser le traitement des ouvrages de langue française lors de leur transcription en braille, l’élaboration, la réalisation et la diffusion du Code de transcription de l’imprimé en braille prouvent bien, s’il en est besoin, que le visionnaire Louis Braille a gagné son pari. C’est d’ailleurs dans le plus grand respect de l’essence de son système et de sa volonté de doter les aveugles d’un outil performant que le Code de transcription de l’imprimé en braille.

L’instruction des aveugles n’est pas une pratique récente. Ce qui l’est davantage, c’est la philosophie d’intégration des aveugles aux structures générales de la société, aux institutions (éducatives entre autres) fréquentées par l’ensemble de la population. Aussi longtemps que le mode d’accès à l’information était unique (le Braille pour tous les élèves dans une même classe, par exemple), l’interprétation des conventions du système se faisait, dans une très large mesure, par transmission orale. Mais, depuis que la situation d’apprentissage s’est modifiée et que le Braille est, en classe d’abord, constamment en intercommunication avec l’imprimé et ses utilisateurs, des besoins nouveaux se sont rapidement imposés, besoins que la fréquentation des études universitaires avait antérieurement révélés. Dès lors, pour que la communication soit efficace, l’information, complète, la normalisation est devenue impérieuse tout comme la recherche de solutions originales aux nouvelles réalités et aux nouveaux besoins. Qui n’a pas remarqué, dans l’imprimé, l’emploi croissant d’artifices visuels liés à l’interprétation du contenu?

Au‑delà des composantes fondamentales du système Braille, aucun document de langue française n’avait, avant le Code de transcription de l’imprimé en braille, statué sur le traitement du texte imprimé lors de sa transcription en braille. Cet ouvrage représente donc un produit et un outil novateurs à cet égard. Il normalise, d’une part, un très grand nombre de pratiques des usagers du Braille, et, d’autre part, de nouvelles «façons de faire».

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille définit des normes:

    • Pour le format des volumes;
    • Pour le traitement:
      • des différents caractères d’impression;
      • des pages préliminaires;
      • des catégories de titres;
      • de la pagination;
      • des colonnes;
      • des tableaux;
      • des encadrés.

Mais, bien sûr, le Code expose d’abord le système Braille: ses caractères et ses symboles, ainsi que leurs modalités d’application.

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille s’articule en 10 chapitres et 11 appendices. La version en imprimé courant compte 374 pages et la version en Braille: 457 réparties en quatre volumes. Le texte est appuyé de très nombreux exemples (153) mettant en parallèle la situation telle que présentée dans l’imprimé courant et sa reproduction en points Braille.

Le Code de transcription de l’imprimé en braille représente donc, en langue française, l’instrument unique de références, tant pour les lecteurs du Braille que pour les transcripteurs.

Pour élargir l’accès aux documents en braille, pour en simplifier la compréhension (le décodage) et peut‑être même pour susciter de nouvelles collaborations, nous souhaitons que ce document ait le rayonnement qu’il mérite.

Si le premier tome du Code est à l’étape de la diffusion (ce dont nous sommes très fiers) puis de l’application généralisée au Québec, les autres tomes de ce même ouvrage sont en préparation. Bon nombre de pratiques de l’imprimé appellent encore une normalisation pour leur transcription en braille.  Ne citons que:

    • Les notes et références: leur aménagement;
    • La couleur: son adaptation en braille lorsque, dans l’imprimé, elle a des fonctions autres qu’esthétiques.
    • Le graphisme tactile: c’est-à-dire la représentation en mode de décodage tactile des graphiques, si abondants, par exemple, dans les ouvrages de mathématiques et de sciences.

C’est d’ailleurs sur ce dernier sujet, le graphisme tactile, que nous concentrons présentement nos efforts.  Mais ici, à la question de la normalisation s’ajoute, de façon tout à fait aiguë, celle de l’équipement adéquat de production informatisée du matériel graphique.

Nous sommes heureux de présenter notre contribution à la communauté des handicapés visuels de France et, de façon plus englobante, à la communauté francophone internationale. Nous vous remercions d’accueillir le Code de transcription de l’imprimé en braille dans le plus grand intérêt des personnes pour lesquelles cet ouvrage a été conçu et réalisé. Et, souhaitant ce voeu partagé, nous vous exprimons notre désir de collaborer avec la communauté des handicapés visuels de France dans la poursuite de ce vaste travail de normalisation.

C’est donc en ces termes que le document original et novateur a été présenté à Paris il y a 10 ans presque jour pour jour puisque l’événement se tenait le premier octobre.

1989 à 1996

Donc, depuis la dernière décennie du XXe siècle, le Québec a intégré dans ses pratiques l’approche et les normes consignées dans le Code de transcription de l’imprimé en braille, ouvrage suscité par les besoins du milieu de la déficience visuelle initialement en situation d’études.

L’implantation et l’intégration ont été telles qu’une édition revue et corrigée s’est imposée. Dans ce but, tous les membres du comité interministériel de consultation sur la normalisation du braille ont été invités à faire connaître au président de ce comité leurs observations, suggestions et commentaires. À la lumière des considérations reçues, mais aussi de celles recueillies lors des diverses sessions de formation tenues dans le contexte de l’implantation du Code, un certain nombre de modifications et d’ajouts inspirés par un objectif de précision se sont accumulés.

La deuxième édition du Code a été publiée en 1996. Si la structure de l’ouvrage n’a pas été modifiée, son titre est devenu: Code pour la transcription en braille de l’imprimé.

—-

Acétate *A6*

Voici un aperçu du contenu de la table des matières qui, dans le document original, est très détaillée.

Chapitre I : Le système braille : ses caractères, ses symboles et leur signification

Chapitre II : Les modalités d’utilisation des symboles

Chapitre III : Le point
Son emploi comme symbole de ponctuation, de point abréviatif, de suppression ou d’interruption, etc.

Chapitre IV : La mise en évidence
Symboles et normes d’utilisation des attributs tels que la majuscule, l’italique, le caractère gras, le soulignement et autres.

Chapitre V : Le format des volumes en braille et la pagination
Explication des divers aspects de la mise en page en braille.

Chapitre VI : Les pages préliminaires
Page de garde, page titre, notes du transcripteur, table des matières et autres.

Chapitre : VII : Les titres
Titre de l’ouvrage, titre courant, titres structurant le corps du texte.

Chapitre VIII :  Les encadrés
L’élaboration des filets, les divers types d’encadrés et leurs normes d’adaptation.

Chapitre IX : Les colonnes
Les normes générales (espacement, entêtes, marges irrégulières, disposition de la première colonne, etc.), divers modèles d’adaptation des colonnes (adaptation horizontale, adaptation verticale avec retraits progressifs, etc.).

Chapitre X : Les tableaux
Emplacement des tableaux, normes générales d’aménagement des petits et des grands tableaux, divers modèles d’adaptation des tableaux (présentation sur des pages en regard, présentation par transposition des colonnes et des lignes, présentation verticale avec retraits progressifs et présentation linéaire).

À l’évidence, ce Code est dense, riche d’informations, d’explications et d’illustrations. Mais à l’évidence aussi, le temps m’est compté pour vous en faire la démonstration. Je me limiterai donc à des aperçus des trois tableaux fondateurs de l’ouvrage et à un modèle de traitement d’un symbole.

—-

Acétate *A7*
Tableau 1 tel que présenté dans le Code et dont le titre est :

LES 64 CARACTÈRES BRAILLE

Ce tableau est formé de trois colonnes et de huit rangées. La première colonne identifie chacune des huit séries de caractères. La deuxième colonne illustre les points de la cellule braille qui peuvent être utilisés pour constituer les caractères d’une même série. La troisième colonne illustre sur un plan linéaire en points braille tous les caractères appartenant à une même série.

Ce qui est intéressant à observer et à dire ici, c’est que nous retrouvons le maximum des combinaisons possibles des six points de la cellule à la base du système. 64 symboles, c’est peu, mais 64 caractères ou combinaisons de points braille cela peut se démultiplier lorsque leur signification est associée à un environnement spécifique tel que littéraire, musical, mathématique, informatique, etc. Ce tableau ne doit donc pas être lu avec des identifications de symboles mais uniquement par leur description numérique. Cela peut paraître un exercice abstrait ou même stérile  mais cela a le grand avantage, si on accepte de s’y soumettre, d’éviter de regrettables confusions en nous encourageant et même obligeant à bien définir le champ de spécialisation dans le contexte duquel on lit et écrit. Ce sont les limites de la cellule braille qui nous imposent, en somme, cette gymnastique de l’esprit.

—-

Acétate *A8*
Tableau 2 tel que présenté dans le Code et dont le titre est :

LES SYMBOLES UNIQUES

(Expression qu’il faut comprendre de la façon suivante : À chaque caractère braille est associée une signification spécifique dite signification fondamentale. Cette association d’un caractère braille et de sa signification fondamentale est désignée par l’expression symbole unique.)

Le tableau 2 est constitué de 5 colonnes et 64 rangées. Mais à l’écran vous n’en voyez que 26, soit qu’une partie du tableau. La première colonne identifie chacune des huit séries de caractères déjà présentent dans le tableau 1. La deuxième colonne illustre les caractères braille soit leurs combinaisons spécifiques de points. La troisième colonne identifie numériquement les points nécessaires à la composition de chaque caractère. La quatrième colonne illustre le caractère graphique correspondant (soit celui utilisé dans l’imprimé). La cinquième colonne personnalise en points braille le symbole unique qui jouxte la signification à la combinaison des points dans le contexte préalablement défini. Utilisé dans le présent contexte, soit dans le contexte général de langue française, chacun des caractères braille épouse une signification et une fonction personnalisée.

—-

Acétate *A9*
Tableau 3 tel que présenté dans le Code et dont le titre est

LES SYMBOLES COMPOSÉS D Symboles typographiques

Un groupe de caractères braille associé à une signification spécifique est désigné par l’expression symbole composé. Il est très important de comprendre ici que, lorsque deux caractères braille ou plus sont associés pour composer un symbole, chacun des caractères constitutifs perd sa signification spécifique à titre de symbole unique par exemple et c’est l’ensemble des caractères du symbole composé qui communique un nouveau message, une nouvelle signification.

Le tableau 3 est constitué de six sections thématiques. À l’écran, nous n’observerons que l’une de ces sections, soit celle des symboles typographiques. Le tableau 3 D est composé de quatre colonnes et de 9 rangées. La première colonne personnalise en points braille le symbole unique qui jouxte la signification à la combinaison des points dans le contexte préalablement défini, soit dans le contexte général de langue française.

La deuxième colonne identifie numériquement les points nécessaires à la composition de chaque caractère. La troisième colonne illustre le symbole  graphique correspondant (soit celui utilisé dans l’imprimé). La quatrième colonne personnalise en points braille le symbole composé qui jouxte la signification à la combinaison des points dans le contexte préalablement défini.

Les symboles composés visent à élargir l’éventail des ressources du système braille au-delà de 64 significations et, par conséquent, à accroître son potentiel de communication.

—-

Acétate *A10*

À la suite de ces trop brefs aperçus des trois tableaux fondateurs du Code pour la transcription en braille de l’imprimé, je terminerai par un modèle de traitement d’un symbole unique, soit celui du signe numérique.

Le premier paragraphe explique la pratique conventionnelle de ce symbole unique en braille :

« De façon générale, en braille, la convention veut que les nombres soient précédés du signe numérique (…) (points 3-4-5-6) pour les distinguer des lettres, les chiffres faisant appel aux mêmes symboles que les dix premières lettres de l’alphabet. Cette convention demeure, mais elle appelle quelques précisions et raffinements. »
(Code pour la transcription en braille de l’imprimé, tome I 1996, p. 32.

Le deuxième paragraphe reproduit la directive qui gouverne l’écriture des nombres en français dans l’imprimé :

«En français, dans l’imprimé, l’écriture des nombres est soumise à la directive suivante: «Pour marquer la séparation des nombres en tranches de trois chiffres, on ne doit utiliser ni point, ni virgule. Cette séparation doit être marquée, en règle générale, par un espace(…) ».
(Code pour la transcription en braille de l’imprimé, tome I 1996, p. 32.)

Le troisième paragraphe énumère les normes à respecter pour transposer cette directive en braille

« En transposant cette directive en braille, on retient :

– que seul le premier chiffre d’un nombre est immédiatement précédé du signe numérique;
– que, aussi longtemps que le nombre n’est pas complété, on ne réintroduit pas le signe numérique;
– que l’espace qui sépare les tranches d’un nombre est représentée par l’insertion du point 3 ». (…)»

« Lorsque deux ou plusieurs nombres sont reliés, soit par un trait d’union, soit par un deux-points (…), soit par un point, soit par une barre oblique, il est superflu de répéter le signe numérique à l’intérieur de la séquence ou de l’enchaînement, puisque l’information demeure de même nature. »
(Code pour la transcription en braille de l’imprimé, tome I, 1996, p. 32, 3.)

Suivent deux exemples qui illustrent, dans chaque cas, la réalité de l’imprimé, d’une part, et la transcription en braille, d’autre part.

—-

Conclusion

Malgré une prise de contact très partielle de ce très important Code de transcription de l’imprimé en braille (première édition) et du Code pour la transcription en braille de l’imprimé (deuxième édition), je souhaite vous avoir communiqué le goût de découvrir les extraordinaires ressources du système, la curiosité d’en tester les potentialités, la conviction que le braille est en mesure de maximiser l’intercommunication entre les voyants et les non-voyants, le désir d’apprendre le braille, de l’utiliser et de ne cesser de l’approfondir parce qu’il est essentiel à l’alphabétisation des non-voyants dans le sens plénier du terme.

Merci de votre présence et de votre réceptivité.
Merci Caroline de votre collaboration pour la préparation et la présentation du matériel visuel.

Nicole Trudeau Ph.D.
Université du Québec à Montréal UQAM

—-

Communication présentée par Nicole Trudeau Ph.D. dans le cadre du colloque «D’hier à demain: Vivre avec une déficience visuelle» / Montréal, 4-5 octobre 2001.

La communication intégrale n’a pas été publiée mais on peut lire le résumé dans : Colloque D’hier à demain: vivre avec une déficience visuelle / 2001 Montréal, (Québec) Longueuil: Institut Nazareth et Louis-Braille 56 p. / Recueil des résumés de conférences et ateliers, p. 21 / Nicole Trudeau Ph.D. / 1991 Une autre grande date de l’histoire du braille dans la francophonie.

—-

Liste des acétates projetés pendant la communication

—-

*A1*

1991, UNE AUTRE GRANDE DATE DE L’HISTOIRE DU BRAILLE DANS LA FRANCOPHONIE

Présenté par

Nicole Trudeau, Ph.D.,
Université du Québec à Montréal

PRÉAMBULE

Institut Nazareth

Une pensée reconnaissante à l’égard de toutes les personnes qui ont contribué à jeter les bases de la scolarisation et de la formation des aveugles.

PRÉSENTATION

2001

    • 140e anniversaire de «la fondation du premier établissement québécois dédié aux personnes ayant une déficience visuelle»;
    • 20e anniversaire de «l’année internationale des personnes handicapées»;
    • 10e anniversaire du lancement officiel, à Paris, du Code de transcription de l’imprimé en braille.

CODE DE TRANSCRIPTION DE L’IMPRIMÉ EN BRAILLE, TOME 1

 Publication et lancements officiels

1989   Publication de la première édition;

1990   Lancement officiel à Longueuil (11 mai);

1991    Lancement officiel à Paris (1er octobre).

—-

*A2*

CODE DE TRANSCRIPTION DE L’IMPRIMÉ 

EN BRAILLE

 TOME 1

Publié sous la direction du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science

Avec le concours du ministère de l’Éducation

Le présent ouvrage a été publié grâce au soutien financier de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche universitaires du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science.

Toutefois, l’élaboration des onze fascicules qui ont présidé à la publication du premier tome de ce Code n’aurait pu se concrétiser sans l’apport d’autres partenaires financiers:  la Direction générale des moyens d’enseignement du ministère de l’Éducation, la Commission scolaire régionale de Chambly et l’Institut Nazareth et Louis-Braille.

Conception des normes
Paul-Henri Buteau
Nicole Trudeau

Rédaction de l’ouvrage
Nicole Trudeau

—-

*A3*

Lancement officiel du Code à Longueuil le 11 mai 1990.

Photo du lancement officiel du Code à Longueuil le 11 mai 1990. e gauche à droite : Normand Giroux, Marcel Gilbert, Nicole Trudeau, Nadia Momagny, Alain Boucher et Yvon Pelchat

 

—-

*A4*

Lancement officiel du Code à Paris le 1er octobre 1991.

Photo du lancement officiel du Code à Paris le 1er octobre 1991.

A5*

Code de transcription de l’imprimé en braille

 tome 1

Lancement à Paris le 1er octobre 1991 à la résidence du délégué général du Québec à Paris, Monsieur André Dufour, et en présence de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science du Gouvernement du Québec, Madame Lucienne Robillard.

Texte officiel de présentation rédigé et lu par Nicole Trudeau, Ph.D.

—-

L’événement qui nous réunit aujourd’hui, le lancement, en France, du premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille, est un hommage au génie de Louis Braille, à son audace, à son sens de l’innovation, à son désir de contribuer à l’éducation et à l’épanouissement des aveugles.

En effet, le système de lecture et d’écriture de Louis Braille, sans changer fondamentalement depuis plus  de 160 ans, recèle un potentiel extraordinaire d’adaptation aux besoins et aux exigences de notre époque, ainsi qu’à nos pratiques.

Certes, le Braille a connu des crises de confiance mais, à chaque fois, il s’est réaffirmé comme un outil privilégié et indispensable d’accès à la connaissance et de transmission du savoir.

La gestation de l’idée d’un code pour standardiser le traitement des ouvrages de langue française lors de leur transcription en braille, l’élaboration, la réalisation et la diffusion du Code de transcription de l’imprimé en braille prouvent bien, s’il en est besoin, que le visionnaire Louis Braille a gagné son pari. C’est d’ailleurs dans le plus grand respect de l’essence de son système et de sa volonté de doter les aveugles d’un outil performant que le Code de transcription de l’imprimé en braille a été développé.

L’instruction des aveugles n’est pas une pratique récente. Ce qui l’est davantage, c’est la philosophie d’intégration des aveugles aux structures générales de la société, aux institutions (éducatives entre autres) fréquentées par l’ensemble de la population. Aussi longtemps que le mode d’accès à l’information était unique (le Braille pour tous les élèves dans une même classe, par exemple), l’interprétation des conventions du système se faisait, dans une très large mesure, par transmission orale. Mais, depuis que la situation d’apprentissage s’est modifiée et que le Braille est, en classe d’abord, constamment en intercommunication avec l’imprimé et ses utilisateurs, des besoins nouveaux se sont rapidement imposés, besoins que la fréquentation des études universitaires avait antérieurement révélés. Dès lors, pour que la communication soit efficace, l’information, complète, la normalisation est devenue impérieuse tout comme la recherche de solutions originales aux nouvelles réalités et aux nouveaux besoins. Qui n’a pas remarqué, dans l’imprimé, l’emploi croissant d’artifices visuels liés à l’interprétation du contenu?

Au delà des composantes fondamentales du système Braille, aucun document de langue française n’avait, avant le Code de transcription de l’imprimé en braille, statué sur le traitement du texte imprimé lors de sa transcription en braille.  Cet ouvrage représente donc un produit et un outil novateurs à cet égard. Il normalise, d’une part, un très grand nombre de pratiques des usagers du Braille, et, d’autre part, de nouvelles «façons de faire».

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille définit des normes:

    • Pour le format des volumes;
    • Pour le traitement:
      • des différents caractères d’impression;
      • des pages préliminaires;
      • des catégories de titres;
      • de la pagination;
      • des colonnes;
      • des tableaux;
      • des encadrés.

Mais, bien sûr, le Code expose d’abord le système Braille: ses caractères et ses symboles, ainsi que leurs modalités d’application.

Le premier tome du Code de transcription de l’imprimé en braille s’articule en 10 chapitres et 11 appendices. La version en imprimé courant compte 374 pages et la version en Braille: 457 réparties en quatre volumes. Le texte est appuyé de très nombreux exemples mettant en parallèle la situation telle que présentée dans l’imprimé courant et sa reproduction en points Braille.

Le Code de transcription de l’imprimé en braille représente donc, en langue française, l’instrument unique de références, tant pour les lecteurs du Braille que pour les transcripteurs.

Pour élargir l’accès aux documents en braille, pour en simplifier la compréhension (le décodage) et peut-être même pour susciter de nouvelles collaborations, nous souhaitons que ce document ait le rayonnement qu’il mérite.

Si le premier tome du Code est à l’étape de la diffusion (ce dont nous sommes très fiers) puis de l’application généralisée au Québec, les autres tomes de ce même ouvrage sont en préparation. Bon nombre de pratiques de l’imprimé appellent encore une normalisation pour leur transcription en braille. Ne citons que:

    • Les notes et références: leur aménagement;
    • La couleur: son adaptation en braille lorsque, dans l’imprimé, elle a des  fonctions autres qu’esthétiques;
    • Le graphisme tactile: c’est-à-dire la représentation en mode de décodage tactile des graphiques, si abondants, par exemple, dans les ouvrages de mathématiques et de sciences.

C’est d’ailleurs sur ce dernier sujet, le graphisme tactile, que nous concentrons présentement nos efforts. Mais ici, à la question de la normalisation s’ajoute, de façon tout à fait aiguë, celle de l’équipement adéquat de production informatisée du matériel graphique.

Nous sommes heureux de présenter notre contribution à la communauté des handicapés visuels de France et, de façon plus englobante, à la communauté francophone internationale. Nous vous remercions d’accueillir le Code de transcription de l’imprimé en braille dans le plus grand intérêt des personnes pour lesquelles cet ouvrage a été conçu et réalisé. Et, souhaitant ce voeu partagé, nous vous exprimons notre désir de collaborer avec la communauté des handicapés visuels de France dans la poursuite de ce vaste travail de normalisation.

—-

 *A6*

Code  pour la transcription en braille de l’imprimé

tome 1

Aperçu de la table des matières

Chapitre I : Le système braille : ses caractères, ses symboles et leur signification

Chapitre II : Les modalités d’utilisation des symboles

Chapitre III : Le point
Son emploi comme symbole de ponctuation, de point abréviatif, de suppression ou d’interruption, etc.

Chapitre IV : La mise en évidence
Symboles et normes d’utilisation des attributs tels que la majuscule, l’italique, le caractère gras, le soulignement et autres.

Chapitre V : Le format des volumes en braille et la pagination
Explication des divers aspects de la mise en page en braille.

Chapitre VI : Les pages préliminaires
Page de garde, page titre, notes du transcripteur, table des matières et autres.

Chapitre : VII : Les titres
Titre de l’ouvrage, titre courant, titres structurant le corps du texte.

Chapitre VIII :  Les encadrés
L’élaboration des filets, les divers types d’encadrés et leurs normes d’adaptation.

Chapitre IX : Les colonnes
Les normes générales (espacement, entêtes, marges irrégulières, disposition de la première colonne, etc.), divers modèles d’adaptation des colonnes (adaptation horizontale, adaptation verticale avec retraits progressifs, etc.).

Chapitre X : Les tableaux
Emplacement des tableaux, normes générales d’aménagement des petits et des grands tableaux, divers modèles d’adaptation des tableaux (présentation sur des pages en regard, présentation par transposition des colonnes et des lignes, présentation verticale avec retraits progressifs et présentation linéaire).

—-

*A7*

Tableau 1 Les 64 caractères braille. Voir Code de transcription de l'imprimé en braille, 1989, page 9

—-

*A8*

Tableau 2 Les symboles uniques. Voir Code de transcription de l'imprimé en braille, 1989, pages 11-12

—-

*A9*

LES SYMBOLES COMPOSÉS D Symboles typographiques

Tableau 3. Les symboles composés. : symboles typographiques. Voir Code pour la transcription en braille de l'imprimé t. 1 1996, page 17

—-

*A10*

(Code pour la transcription en braille de l’imprimé, tome I 1996, p. 32-33)

Chapitre II : Les modalités d’utilisation des symboles

2.6      (symbole du signe numérique)

« De façon générale, en braille, la convention veut que les nombres soient précédés du signe numérique (…) (points 3-4-5-6) pour les distinguer des lettres, les chiffres faisant appel aux mêmes symboles que les dix premières lettres de l’alphabet. Cette convention demeure, mais elle appelle quelques précisions et raffinements.

En français, dans l’imprimé, l’écriture des nombres est soumise à la directive suivante : « Pour marquer la séparation des nombres en tranches de trois chiffres, on ne doit utiliser ni point, ni virgule. Cette séparation doit être marquée, en règle générale, par un espace(…) ».

En transposant cette directive en braille, on retient :

– que seul le premier chiffre d’un nombre est immédiatement précédé du signe numérique;

– que, aussi longtemps que le nombre n’est pas complété, on ne réintroduit pas le signe numérique;

– que l’espace qui sépare les tranches d’un nombre est représentée par l’insertion du point 3 ». (…)

Exemple 18 Signe numérique, voir Code pour la transcription en braille de l'imprimé, tome 1, 1996, pp 32-33

Lorsque deux ou plusieurs nombres sont reliés, soit par un trait d’union, soit par un deux-points (…), soit par un point, soit par une barre oblique, il est superflu de répéter le signe numérique à l’intérieur de la séquence ou de l’enchaînement, puisque l’information demeure de même nature »3 « 

 

Exemple 19 Signe numérique, voir Code pour la transcription en braille de l'imprimé, tome 1, 1996, pp 32-33

—-

Nicole Trudeau Ph.D.
Université du Québec à Montréal UQAM

—-

Communication présentée par Nicole Trudeau Ph.D. dans le cadre du colloque «D’hier à demain: Vivre avec une déficience visuelle» / Montréal, 4-5 octobre 2001.

La communication intégrale n’a pas été publiée mais on peut lire le résumé dans: Colloque D’hier à demain: vivre avec une déficience visuelle / 2001 Montréal, (Québec) Longueuil: Institut Nazareth et Louis-Braille 56 p. / Recueil des résumés de conférences et ateliers, p. 21 / Nicole Trudeau Ph.D. / 1991 Une autre grande date de l’histoire du braille dans la francophonie.

 —-

1991 Une autre grande date de l’histoire du braille dans la francophonie (en bref)

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.