L’Association des musiciens éducateurs de la Rive-Sud s’exprime aux Audiences publiques de la ville de Longueuil en 1988

Texte intégral du rapport que j’ai présenté, au titre de présidente de l’Association des musiciens éducateurs de la Rive-Sud (AMERS) lors des audiences publiques de la commission de développement touristique et culturel de la ville de Longueuil.

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L’Association des musiciens éducateurs de la Rive-Sud s’exprime aux Audiences publiques de la ville de Longueuil en 1988

Rapport présenté par l’Association des musiciens éducateurs du Québec AMERS dans le cadre des audiences publiques de la Commission de développement touristique et culturelle de la ville de Longueuil 26 avril 1988.

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Commission de développement touristique et culturelle, ville de Longueuil

Audiences publiques le mardi 26 avril 1988
300, rue Saint‑Charles ouest, Longueuil,

Rapport présenté

 par

 l’Association des musiciens éducateurs de la Rive‑Sud (AMERS)

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Identification de l’organisme :

L’Association des musiciens éducateurs de la Rive‑Sud, organisme qui regroupe des musiciens dévoués à la cause de l’éducation musicale, s’approprie, entre autres, les objectifs suivants:

e) Promouvoir la musique comme élément de culture et d’enrichissement individuel et collectif;

f) Promouvoir la formation et l’éducation musicales dans les milieux d’éducation et de loisirs; (…)

h) Agir comme représentant officiel des musiciens éducateurs de la région auprès des organismes professionnels et syndicaux au niveau régional;

i) Collaborer à l’élaboration d’une politique relative à l’enseignement de la musique et participer à l’implantation des programmes de formation musicale en milieu scolaire et communautaire;

j) Collaborer avec les organismes régionaux dont les buts et objets sont analogues ».

Extraits des : Statuts et règlements de l’AMERS, article 4.

L’Association oeuvre donc de plein pied dans le champ du développement culturel en intervenant dans le domaine de l’expression musicale. L’initiation à la musique et l’apprentissage de cette discipline sont au coeur même de sa raison d’être, initiation et apprentissage étant les leviers de la production musicale et de sa diffusion.

Réseau d’équipement :

L’AMERS souscrit entièrement à l’assertion du premier axe de réflexion proposé par la commission et qui soutient que « L’existence d’un réseau d’équipement adéquat (…) constitue un support indispensable au développement d’une vie culturelle à Longueuil. »

Avant d’entreprendre de nouveaux aménagements ou de nouvelles constructions, la priorité de la ville devrait consister en l’établissement d’un inventaire des ressources actuellement disponibles, des lieux présentement utilisables à des fins d’activités culturelles. Un tel inventaire devrait fournir des précisions sur les caractéristiques de tels lieux (dimensions, conditions acoustiques, conditions d’éclairage, équipement, accessibilité, services, etc.). Cet inventaire, assorti de précisions sur les conditions d’utilisation, devrait être communiqué aux divers organismes culturels. Enfin, il devrait être mis à jour périodiquement.

C’est à la lumière des ressources disponibles ainsi caractérisées et associées à différents types d’activités culturelles, d’une part, et sur la base des besoins recensés, d’autre part, que la ville découvrirait les équipements soit insuffisants, soit inexistants.

En regard de l’initiation des différentes catégories de citoyens (enfants d’âge préscolaire, jeunes et adultes) à l’expression musicale, la ville devrait prévoir et rendre accessible des locaux où l’acoustique, l’environnement et l’équipement favorisent de telles activités animées par du personnel qualifié.

En regard de la production musicale, des salles de dimensions différentes devraient être à la disposition des individus et des groupes qui désirent donner des récitals, des concerts impliquant de petits ou de grands ensembles, et monter des spectacles. Les aspects de l’acoustique, de l’aménagement (scène, aire pour les auditeurs, équipement audio‑visuel, etc.) de l’équipement en instruments de musique de base (piano en bon état par exemple) devraient être considérés.

En regard de la diffusion, les services municipaux devraient mettre à la disposition des organismes culturels à but non lucratif des locaux de réunion où s’élaborent les projets et des centres de documentation où s’alimentent la vie communautaire. De tels organismes devraient pouvoir s’adresser à des ressources municipales pour faire connaître leurs projets et réalisations (impression, duplication, expédition, etc.). De tels services devraient contribuer à la préparation et à la diffusion de calendriers culturels annuels, semestriels, mensuels, etc.

Activités musicales d’initiation et d’apprentissage :

L’AMERS croit que l’implication du milieu municipal dans la sensibilisation de la population à l’expression musicale est à encourager et à soutenir dans la mesure où cette intervention se fait avec des ressources humaines qualifiées et compétentes où les critères d’évaluation s’appuieraient soit sur une certification reconnue, soit sur une compétence entérinée par le milieu musical. Les citoyens, de quelque âge qu’ils soient, méritent une initiation musicale et un apprentissage musical de la meilleure qualité possible.

Dans ce but, ne serait‑il pas souhaitable de développer des collaborations avec le milieu scolaire, d’une part, et avec les professeurs de musique de l’enseignement privé, d’autre part?

Si l’on devait privilégier des clientèles pour ce champ d’intervention municipale, les citoyens qui ne sont pas encore à l’école et ceux qui n’y sont plus de façon continue, soit les enfants d’âge préscolaire et les adultes, seraient vraisemblablement celles à retenir.

Ressources musicales du milieu :

Au nombre des artistes qui vivent à Longueuil figurent des musiciens spécialisés dans différentes sphères de cette discipline. Les administrateurs municipaux devraient inviter ces personnes à s’exprimer dans leur propre milieu.

Ainsi, la ville de Longueuil devrait d’abord solliciter, pour les manifestations publiques de toutes sortes et de toute importance (récitals, concerts, fêtes, colloques et autres), les musiciens qui ont choisi de vivre dans sa communauté.

La ville devrait également se faire accueillante aux projets musicaux qui lui sont soumis et même développer des stratégies qui donnent le goût aux musiciens d’initier des projets et activités originales et de qualité.

De plus, dans le but de développer un pôle musical à Longueuil, la ville devrait encourager et même provoquer des collaborations régionales à l’intérieur de son territoire.

La ville devrait constituer un répertoire des ressources musicales de son milieu et faire appel à de telles ressources le plus souvent possible.

Elle devrait diffuser et valoriser, auprès de la population, les personnalités artistiques, leurs actions, leurs réalisations, leurs œuvres, en somme, leur contribution à l’enrichissement de la vie de la communauté.

Dimension professionnelle:

C’est en impliquant les musiciens professionnels dans des événements culturels à Longueuil

‑ que l’on développera, sinon un sentiment d’appartenance, du moins un intérêt de ces derniers pour la vitalité artistique du milieu,
‑ que l’on valorisera les événements artistiques tenus sur le territoire,
‑ que l’on rehaussera le niveau de qualité de tels événements
‑ et que l’on suscitera un intérêt croissant et de plus en plus éclairé des membres de la communauté.

Si le soutien des amateurs est un aspect important de la vie culturelle, la participation du milieu musical professionnel en est l’âme.

Pour atteindre de tels objectifs de participation et de qualité, la ville pourrait initier, progressivement, des séries de concerts dans les églises, dans les lieux historiques, dans des cadres plus modernes, dans des quartiers variés et dans des parcs pendant la saison estivale. Elle pourrait faire appel à des solistes, à des groupes de musique de divers styles, à des chanteurs, à des chorales, etc.

La ville de Longueuil pourrait étudier de tels projets à la lumière d’expériences vécues dans d’autres municipalités, mais aussi en impliquant, au départ, les musiciens qui auraient à jouer un rôle primordial dans de tels réalisations.

Enfin, (et peut‑être surtout), la ville devrait chercher à s’associer des entreprises pour assurer la faisabilité financière des projets.

Reflets d’une consultation :

Dans le cadre d’une démarche provinciale de consultation devant aboutir à la tenue d’un Sommet sur l’avenir de la formation musicale au Québec, les participants aux colloques régionaux ont eu à s’exprimer sur l’organisation de cette formation à divers paliers des structures administratives. Les commissaires seraient peut‑être intéressés de connaître quelques résultats des consultations portant spécifiquement sur l’intervention du milieu municipal.

Le texte suivant a été soumis aux participants. Nous y avons associé les pourcentages des réponses compilées.

Dans leur ensemble et en principe, les municipalités devraient:

 ‑ Organiser des concerts pour les élèves:              oui 80%   non 20%

 ‑ Organiser des concerts pour la population:        oui 88,6% non 11,4%

‑ Organiser des loisirs musicaux:                            oui 93,4% non 6,6%

‑ Fournir des équipements culturels:                     oui 95,2% non 4,8%

Ces résultats représentent une opinion provinciale. Ils n’en constituent pas moins un matériau de référence utile à considérer au moment d’orientations à adopter, de choix à effectuer et de décisions à prendre.

Par ces chiffres, l’on constate que les attentes des personnes consultées se cristallisent autour de trois pôles: l’équipement culturel, l’organisation de loisirs musicaux et la présentation de concerts pour les adultes et pour les élèves.

Remerciements et souhaits  :

L’Association des musiciens éducateurs de la Rive‑Sud se réjouit de l’intérêt des autorités administratives de la ville de Longueuil pour le développement culturel et remercie les membres de la présente commission de l’avoir invitée à s’exprimer et d’avoir pris le temps de l’entendre. Elle souhaite pouvoir reconnaître dans la pratique les fruits de ses options, souhaits et recommandations.

Nicole Trudeau Ph.D. présidente
Association des musiciens éducateurs de la Rive‑Sud (AMERS)

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Ce rapport a été présenté publiquement et le texte a été remis à la Commission.

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