La normalisation du graphisme tactile – quelques axes tracés

De la conjugaison des expériences et des réflexions des participants à l’Atelier sur la représentation de l’image en relief pour les élèves aveugles en situation d’études (Shédiac 1995), et de leur mise en commun, je retiens et relève des lignes maîtresses colorées de l’importance que je leur accorde.

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La normalisation du graphisme tactile – quelques axes tracés

De la conjugaison des expériences et des réflexions des participants à cet atelier (enseignants, élèves et utilisateurs adultes de matériel tactile, producteurs et chercheurs) et de leur mise en commun, je retiens et relève les lignes maîtresses suivantes colorées de l’importance que je leur accorde.

Une représentation graphique visuelle peut être communiquée tactilement soit de façon symbolique, soit de façon plus directement graphique. Cette observation résulte des planches tactiles réalisées par les producteurs et soumises à des utilisateurs. Il y aura donc un choix «éditorial» à faire.

Les graphiques soumis ont essentiellement été lus par les utilisateurs comme un texte en braille. Un apprentissage de l’exploration d’une planche graphique tactile, de son décodage séquentiel, de sa recomposition, puis de son interprétation me semble des outils à développer pour accélérer la lecture et maximiser la compréhension du matériel graphique tactile.

L’élève aveugle aborde présentement la lecture de graphiques tactiles avec un bagage restreint de références. Mettons en parallèle la somme d’images emmagasinées par les enfants avant d’entrer à l’école et la somme d’objets tactilement explorés par un enfant aveugle lorsqu’il aborde sa scolarisation. Un effort extraordinaire me semble nécessaire pour accroître les références tactiles et spatiales d’un enfant. La curiosité de l’enfant face à son environnement devrait continuellement être encouragée, stimulée et nourrie.

La stimulation de la représentation de certains phénomènes dans l’espace me semblerait à la fois un préalable et un soutien à la lecture graphique tactile.

L’assimilation théorique de certains concepts visuels, tels que la perspective, et de certaines conventions visuelles, telles que la ligne cachée, est nécessaire à divers types d’apprentissage en milieu scolaire.

Faut-il transposer tactilement toutes les représentations visuelles d’un ouvrage didactique ou est-il préférable de ne transposer que ce qui est indispensable à un apprentissage donné?

Qui doit prendre cette décision? Le producteur? Le professeur en classe? Le professeur plus spécialement affecté au soutien de l’élève aveugle?

L’interprétation de l’image relève très souvent de la subjectivité. Ne devrait-on pas confier cette tâche à une personne adéquatement formée et disposant, sinon d’une grille, du moins de quelques éléments ou balises lui permettant de faire passer une représentation visuelle en représentation tactile compréhensible?

Les mots indispensable, essentiel, adapté et autres expriment des perceptions et des réalités fort différentes d’un individu à l’autre. Il me paraît prioritaire de se rallier autour de significations mieux circonscrites pour aller de l’avant dans la sélection et la réalisation de planches tactiles.

Le champ de la représentation tactile de l’image est jeune. Il est peu documenté. Il a besoin d’un apport considérable de la recherche dans de multiples domaines.

Si l’aveugle a besoin d’assimiler certains concepts visuels pour maîtriser un certain nombre de connaissances, le professeur voyant a parallèlement besoin de comprendre les caractéristiques de l’exploration tactile, sa mise en parallèle avec l’exploration visuelle, etc. Il me paraît souhaitable d’inviter les instances de la formation des maîtres à se pencher sur ces dimensions et à envisager de les intégrer dans le contenu des programmes de formation.

Nicole Trudeau Ph.D.
professionnelle de recherche Université du Québec à Montréal,
chargée du projet de recherche sur la normalisation du braille et du graphisme tactile

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Communication non publiée présentée dans le cadre de l’Atelier sur la représentation de l’image en relief pour les élèves aveugles en situation d’études / 17-20 août 1995 / Shédiac, (Nouveau-Brunswick) / Nicole Trudeau Ph.D. / La normalisation du graphisme tactile – quelques axes tracés / Communication présentée mais non-publiée

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