Un texte qui fait du bien

21 janvier 2017

En refermant le livre Comme un chant d’espérance de Jean D’Ormesson,  bref ouvrage de 120 pages qui se découpe en 42 courtes tranches, je ne peux résister à l’envie de vous offrir un passage cité par l’auteur, un passage que je reçois comme l’écho et la musique du titre.

Ce sont des lignes qui me font du bien, qui apaisent, qui donnent à réfléchir et à méditer, des lignes que je revisiterai très certainement.

« Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte
et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.
Sans aliénation, vivez autant que possible
en bons termes avec toutes personnes.
Dites doucement mais clairement votre vérité.
Écoutez les autres, même les simples d’esprits et les ignorants :
Ils ont eux aussi leur histoire.
Évitez les individus bruyants et agressifs :
ils sont une vexation pour l’esprit.
Ne vous comparez avec personne :
il y a toujours plus grands et plus petits que vous.
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.
ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.
Soyez vous-mêmes,
surtout n’affectez pas l’amitié.
Non plus, ne soyez cynique en amour car il est,
en face de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.
Prenez avec bonté le conseil des années
en renonçant avec grâce à votre jeunesse.
Fortifiez-vous une puissance d’esprit
pour vous protéger en cas de malheur soudain,
mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères.
De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même.
Vous êtes un enfant de l’univers,
pas moins que les arbres et les étoiles.
Vous avez le droit d’être ici.
Et, qu’il vous soit clair ou non,
l’univers se déroule sans doute comme il le devait.
Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez
dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cœur.
Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés le monde est pourtant beau. »

—-

(Texte affiché dans l’église de Baltimore au XVIIe siècle et que Jean D’Ormesson reproduit à la fin de son livre : Comme un chant d’espérance, pp. 166-167.)

 

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