20 mai 2025
Le docteur Georges Michaels nous offre un témoignage à la fois touchant et réconfortant, alors que le climat est hyper tendu entre le Gouvernement et les médecins.
J’en rappelle ici quelques réflexions.
«Lorsque j’ai commencé à pratiquer la médecine familiale au Québec, il y a presque 40 ans, le travail était profondément humain. Je suivais mes patientes tout au long de leur grossesse, j’assistais à l’accouchement de leurs enfants, puis je les voyais grandir. J’admettais mes patients à l’hôpital quand leur état le nécessitait, je collaborais avec les spécialistes pour organiser leur rétablissement ou les accompagner dans leur fin de vie. Il m’est arrivé, plus d’une fois, d’assister à leurs funérailles. Suivre certaines familles pendant quatre générations a été l’un des plus grands privilèges de ma carrière. Ma relation avec elles était fondée sur la confiance, la continuité et la présence — des valeurs que les politiques actuelles ont de plus en plus de mal à préserver. Ce modèle de soins est aujourd’hui en péril.»
«Les outils numériques, qui devraient améliorer nos pratiques, sont souvent un frein. (…)»
«(…) je demeure profondément convaincu de la valeur de la médecine familiale. Il n’existe aucun autre champ de pratique qui permette de suivre un individu tout au long de sa vie, de la naissance à la vieillesse. C’est ce lien durable, générationnel, qui donne toute sa richesse à notre profession.»
«Pour préserver ce modèle, il faut un changement structurel. Il faut alléger la bureaucratie, améliorer l’interopérabilité des systèmes, respecter l’autonomie des cliniciens et, surtout, redonner du temps aux médecins de famille pour qu’ils puissent faire leur travail convenablement.»
Mais les valeurs promus dans ce témoignage ont désertées non seulement le milieu médical mais une trop grande part du tissu social. Il faudrait que nous y travaillions tous.
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SOURCE:
Michaels, George / Les médecins de famille sont appelés à en faire toujours plus / Le Devoir / Libre opinion / 13 mai 2025
