Un exemple à suivre

22 août 2022

J’ai rarement lu un article aussi nuancé, respectueux et franc sur l’écrivain Dany Laferrière, que celui de Odile Tremblay Les dessins et les mots de Laferrière dans Le Devoir du 22 août 2022.

Je reproduis ci-dessous quelques phrases de cette critique de grande classe que je souhaiterais lire plus souvent.

«J’ai couru acheter Dans la splendeur de la nuit, le dernier roman graphique de Dany Laferrière. Il est plus touchant que les autres, surtout au début, (…)»

«Dans la splendeur de la nuit est un ouvrage charmant et poétique, qui ajoute une pierre à l’édifice de son autobiographie. Sauf qu’on passe à travers bien vite. Son précédent Sur la route avec Basho se lisait plus rapidement encore. Si peu de texte et quelques dessins… On passait d’une couverture à l’autre durant les annonces du téléjournal. J’exagère un tout petit peu. Reste cette impression d’une nonchalance d’écrivain… (…)»

«Depuis quelques années, ses romans graphiques ont remplacé grosso modo ses romans tout court. Dont on s’ennuie, autant l’avouer. Assez pour souhaiter qu’il saute plus souvent d’un genre à l’autre afin d’assouvir son lectorat. Après tout, l’auteur québéco-haïtien est reconnu et primé pour sa plume, non pour son pinceau».

«À force de le suivre depuis Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, on a apprécié son souffle littéraire, (…) on s’est attaché à lui, (…) Lire du Laferrière, c’est savourer également ses références culturelles. C’est aimer en lui le styliste, l’humoriste, l’insolent, le sage parfois.»

«J’ignore si son changement de cap littéraire équivaut à ce que d’autres surnomment le syndrome du prix Goncourt. Vous savez, ce poids de la consécration».

«(…) l’art de développer un récit, d’affûter des dialogues, il les maîtrisait vraiment  bien. Si vivants, les anciens romans de Laferrière.«

«Ses oeuvres dessinées prennent le pas sur les autres. Quand il ne verse pas dans l’extrême concision.»

«(…) un écrivain a le droit d’emprunter un autre sentier que celui qui fut son chemin de gloire. (…) Mais des lecteurs peuvent aussi s’ennuyer de sa première manière. Juste parce qu’ils l’avaient beaucoup goûtée.»

Ce que j’apprécie dans l’ensemble de cet article, c’est cet équilibre entre le positif et le négatif et la manière de l’exprimer. Pas de mépris, pas de griffes, pas d’assassinat, mais une opinion franche.

SOURCE:

TREMBLAY, Odile / Les dessins et les mots de Laferrière /  Le Devoir section Culture – Musique / 22 août 2022

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