20 août 2025
Après Danser les ombres, je m’investis dans Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé écrit 10 ans plus tôt.
Un talent saisissant de dire l’âme d’une société aussi différente soit-elle: Haïti dans le premier cas, Les Pouilles en Italie dans le second; un tremblement de terre de part et d’autre, mais d’une dévastation différente.
De la misère, de la pauvreté, mais une force de vie et une volonté de transmission par delà la mort que Gaudé rend très présente au fil du récit.
«(…) les olives sont éternelles. Comme les hommes. Même succession infinie de vie et de mort. La longue chaîne des hommes ne se brise pas. (…) La vie s’achève. Mais tout continue pour d’autres que nous».
C’est ce qu’on lit dans les dernières pages de ce roman intensément humain avec une force évocatrice des paysages et des ambiances.
«La chaleur du soleil semblait fendre la pierre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s’était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d’août pesait sur le massif de Gargano (…) avec l’assurance d’un seigneur. Il était impossible de croire qu’en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir. Que de l’eau ait irrigué les champs et abreuvé les oliviers. Impossible de croire qu’une vie animale ou végétale ait pu trouver – sous ce soleil sec – de quoi se nourrir. Il était deux heures de l’après-midi, et la terre était condamné à brûler.» (I Les pierres chaudes du destin)
Source:
GAUDÉ, Laurent / Le soleil des Scorta / Éditions Actes sud / 2004
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