Troublant! Préoccupant! Inquiétant!

25 février 2024

Cet article de Jean-François Lisée, Identité anti-québécoise, me trouble. Je vous invite à le lire d’abord pour prendre conscience du phénomène que l’auteur illustre par des faits qui soulèvent réflexions, émotions et inquiétudes.

Emmanuel Lapierre, L’auteur de Le duel culturel des nations écrit:

«Dans toutes les écoles de la région de Montréal où j’ai travaillé ces 15 dernières années, je n’en reviens pas de constater l’attitude de mépris ou de honte à l’égard de la langue et de la culture québécoise.»

Lisée donne quelques exemples provenant de témoignages reçus:

«(…) fin janvier, j’ai commis l’erreur d’affirmer, dans ma chronique «École anormale», que le français était la langue commune dans les écoles privées de Montréal. Des enseignants ont assailli ma boîte courriel pour me détromper.»

«Bien que le français soit la langue de travail, dans les corridors, la langue commune est de plus en plus l’anglais. La direction et les professeurs ont beau essayer de renverser la vapeur, rien n’y fait. L’anglais prédomine dans ce milieu très multiethnique. Le français, la plupart de nos élèves non francophones s’en foutent (une bonne partie des francophones aussi, d’ailleurs).»

Tel est le témoignage d’un enseignant dans une école privée réputée, conforté par des collègues.

Lisée cite également des propos de professeurs au collège Regina Assumpta:

«Après de longues années de service », une professeure dit «avoir démissionné», notamment «à cause du dénigrement de plus en plus présent envers les Québécois francophones. […] On parle anglais dans cette école. Même les élèves dont les parents sont francophones, de souche ou immigrants, ne parlent plus français dès qu’ils mettent les pieds, ou même le premier pied, dans ce collège.»

La directrice générale du collège, Julie Duchesne, conteste cette lecture.

Mais, Lisée précise que ses «(…) sources ne contestent pas le fait que le français est la langue officielle du collège, mais déplorent que ces efforts ne portent pas suffisamment leurs fruits. (…)».

Une autre source déclare:

«Les élèves détestent les francophones. On fait la vie très dure à ceux qui veulent parler français et défendre le fait français: ils sont humiliés et dénigrés en personne et sur les réseaux sociaux (…).»

Et d’autres situations semblables sont rapportées.

Éclairant de lire les statistiques suivantes:

«Le dernier Portrait socioculturel des élèves inscrits dans les écoles publiques de l’Île de Montréal rapporte que 56 % de leurs élèves sont soit nés à l’étranger, soit nés ici de deux parents étrangers. Sur un total de 447 écoles, 165 écoles publiques (primaires ou secondaires) de l’île affichent une proportion de 66 % ou plus d’élèves issus de l’immigration. Parmi elles, 111 en comptent 75 % ou plus, 43 en accueillent 85 % ou plus.»

«La mise en minorité des natifs peut créer des conditions propices à la propagation du mépris, mais elle n’en constitue pas la cause»,

Explique M. Rafaël Provost, directeur général de ENSEMBLE pour le respect de la diversité.

Monsieur Provost

«(…) constate une montée générale de l’intolérance, dans tous les domaines: identitaire, raciale, d’orientation sexuelle. (…).»

Jean-François Lisée pense

«(…) que l’ambiance ainsi créée sur la question précise de l’attachement au Québec est délétère, y compris pour la santé identitaire des francophones.»

Il ajoute:

«Bref, quelque chose d’important et d’inquiétant se passe aujourd’hui dans des écoles francophones, privées et publiques, de Montréal.»

Et il conclut:

«Je n’ai pu ici lever qu’un coin du voile sur cette dynamique. Il m’apparaît urgent de mieux la documenter et de mieux la comprendre, de trouver des moyens efficaces d’estomper cette dichotomie malsaine, car ce qui se déroule devant nous, c’est le détricotage, voire la déchirure, du tissu identitaire québécois.»

Source:

LISÉE, Jean-François / Identité anti-québécoise Le Devoir / Section Idées / 24 février 2024

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