23 août 2025
Oui, texte important à lire « Avant de se faire avaler par la machine vers l’article « C’est ce que redoute l’auteure de cet article, Virginie Francoeur, professeure à Polytechnique Montréal.
Après avoir exposé les conditions dans lesquelles des publications scientifiques universitaires s’accumulent, elle les critique en ces termes:
«L’université s’est transformée en usine à publier. Elle croule sous les articles à produire, à lire, à évaluer. Le système est saturé. Et plutôt que de se réinventer, elle nous propose de déléguer des travaux à l’intelligence artificielle (IA).»
«Si les doctorants se tournent vers des générateurs de texte pour répondre aux exigences des revues scientifiques et que les professeurs en font tout autant pour suivre le rythme effréné de la publication, qui produit encore réellement le savoir? Quelle valeur accorder à une pensée automatisée et standardisée?»
«Que reste-t-il alors du travail professoral? Que reste-t-il de la pensée qui a besoin de temps? Que reste-t-il du rapport humain au savoir? En confiant tout à la machine, nous amenuisons comme peau de chagrin notre pouvoir d’agir, notre capacité à discerner, à douter, à créer autrement.»
«Il est temps, comme universitaires, de changer notre modèle d’évaluation de la recherche. De réaffirmer que la pensée humaine ne se mesure pas aux nombres d’articles publiés (…) La recherche n’est ni linéaire ni prévisible. Il est temps de se mobiliser pour penser autrement la création et la diffusion du savoir.»
Prendrons-nous le temps de nous poser ces questions et d’y répondre? ou succomberons-nous aux nouveaux mirages sans les avoir évalués?
Eugénie Francoeur propose de
«s’inspirer du manifeste L’art est humain! publié en 2025 par six organisations syndicales représentant plus de 25 000 artistes»
pour mener le questionnement et la réflexion.
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Source:
FRANCOEUR’ Virginie / Avant de se faire avaler par la machine / Le Devoir / Section: IDÉES / 20 août 2025
