Testament intellectuel de Claude Morin

16 mai 2021

«En regardant évoluer le Québec, j’ai parfois été déprimé, mais je n’ai jamais perdu confiance». (p. 9)

C’est par cette confidence que Claude Morin donne le ton à son livre qualifié de «testament intellectuel» en quatrième de couverture: Je le dis comme je le pense – Souveraineté – Vie politique – Religion;

Le sous-titre en donne la structure en trois parties.

«Pour s’en sortir veut répondre à une question capitale pour les souverainistes et tous ceux qui ont à coeur l’avenir du Québec: vu la situation actuelle, on fait quoi?» (p. 7)

«Je me souviens explique ou rappelle l’origine et le sens de mon engagement politique (…).» (p. 7)

 «Y a-t-il quelqu’un? (…) contient une réflexion sur mon cheminement en matière religieuse. Un témoignage, en somme.» (p. 7)

La présentation de cet ouvrage se termine par cette réflexion:

«Quant on se parle à demi-mot, on se comprend à moitié.» (p. 7)

Claude Morin a donc choisi d’aller au-delà.

La première partie occupe près de la moitié du livre et le rapatriment de la constitution canadienne en constitue le coeur. La «blessure» est immense et n’est pas cicatrisée.

La deuxième partie est de nature autobiographique. Comme Claude Morin est de la génération des années 1930 (il est né en 1929 et c’est son anniversaire aujourd’hui) son parcours est chargé d’histoire et nous fait revivre l’évolution de la société québécoise.

Dans la troisième partie, un aspect spécifique d’une autobiographie est abordé, son rapport à la religion. Il retrace ce rapport depuis son enfance jusqu’au moment de l’écriture de ce livre et le commente. C’est certainement la section la plus inédite et la plus étonnante de l’ouvrage. Les réflexions, la documentation et l’argumentation sont riches et d’un grand intérêt.

«La plus déterminante de toutes les notions correctrices acquises au cours de ma réflexion fut, bien sûr, la certitude de l’existence de Dieu confirmée par toute ma recherche. À demeure, elle succéda à la simple présomption plus ou moins réfléchie que j’en avais. Plus que jamais auparavant, je sentis que se trouvait, en moi et à mes côtés, Quelqu’un à qui je pouvais parler et qui m’entendait. » (p. 200)

 En terminant son livre (qu’il dit être probablement son dernier), Claude Morin résume ainsi l’aboutissement de son cheminement religieux:

«Mon cheminement s’est étendu sur plusieurs années, sans illumination soudaine ni crise mystique. Il s’est produit empiriquement (…). Entre une Espérance dont je suis sûr qu’elle est fondée, et la Désespérance à laquelle m’invitent, (…) les adeptes de l’Absurdité comme explication du monde, je me suis, en toute rationalité et par inclination naturelle, rallié à la première.» (p. 219).

En somme, Je le dis comme je le pense nous offre trois portraits d’un québécois très engagé dans sa société et qui témoigne.

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Source:

MORIN, Claude / Je le dis comme je le pense – Souveraineté – Vie politique – Religion; /  Montréal, Les Éditions du Boréal, 2014, 219 pages

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