Rassurant

5 mars 2021

C’est rassurant et réconfortant de lire le texte de Réjean Bergeron, Essayiste et professeur de philosophie au cégep Gérald-Godin, dans la section Idées du Devoir du 4 mars 2021 : La richesse des mots tabous et des préjugés en éducation.

Il ajoute au «débat sur la censure de certaines oeuvres ou l’ostracisation de différents mots susceptibles (…) de causer des «micro-agressions » chez certains étudiants, (…)», une très intéressante réflexion «sur la valeur pédagogique que peuvent receler ces mots tabous, (…) lorsque ce matériel conceptuel est manipulé avec soin par un professeur éclairé et bien intentionné.»

Il en fait la démonstration à partir d’un texte de Rousseau.

À la question «Censurer ou exploiter»? il  répond « exploiter » de la façon suivante :

«l’enseignant doit se servir de la tribune qui lui est donnée pour aborder de front ce matériel, que d’aucuns considèrent comme radioactif, afin de s’en servir comme autant de leviers qui lui permettront de faire ce pour quoi il est payé : enseigner et éduquer!»

Il s’explique ainsi :

«Au lieu d’être vus comme une matière toxique qu’il faudrait glisser sous le tapis de la bien-pensance, ces mots, expressions ou préjugés présents ici et là dans différentes oeuvres classiques, et parfois même contemporaines, doivent plutôt être considérés comme autant de pépites d’or qui ont le potentiel, si elles sont bien exploitées, de provoquer l’étonnement, de susciter la curiosité, d’alimenter le débat et d’initier une prise de distance critique par rapport à l’époque où ces expressions ont été formulées afin d’en retracer l’histoire et d’en connaître toute la polysémie. Les biffer ou les censurer consiste en fait à se priver de ces formidables outils de réflexion, pourtant essentiels à la compréhension du monde complexe dans lequel nous vivons.»

Le professeur conclut son texte par cet engagement :

«Parce que l’éducation est une chose sérieuse,  je revendique le droit, en tant qu’enseignant, de pouvoir partager, faire lire et commenter tous les textes que je juge pertinents pour appuyer mon propos et remplir ma mission, qui consiste à rendre mes étudiants plus éclairés et, par le fait même, plus conscients de la réalité dans laquelle ils ont et auront à vivre.»

Je remercie Monsieur Bergeron de son témoignage et de ses réflexions qui éclairent et apaisent au lieu de confronter, qui élèvent le propos et le ramènent à l’essentiel, qui inspirent. J’espère ardemment qu’il soit entendu et soutenu par ses collègues et leurs employeurs.

Une parole calme, réfléchie et courageuse

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