21 novembre 2025
«Qu’en pensez-vous?»
demande La Presse à la fin de l’article de Alain Rayes dans le journal du 19 novembre 2025: Dialogue, article qui réfléchit sur la désespérante confrontation autour de la Loi 2 du Gouvernement du Québec.
Je pense que cette réflexion est bienvenue et qu’elle devrait être entendue par les parties: médecins et gestionnaires.
La rigidité, la surdité, et la soif du pouvoir empoissonnent les relations qui devraient mener à bien soigner ceux qui sont malades et qui font leur part pour en assumer les frais.
«La peur de perdre, c’est humain. (…) Nous réagissons toujours plus fortement à ce qu’on risque de perdre qu’à ce qu’on pourrait gagner. (…)»
«En liant la rémunération à la performance, le gouvernement a activé sans le dire ce levier psychologique puissant. (…) »
«Deux camps, une même erreur»,
Un sous-titre bien nommé.
«Les médecins ont raison de réclamer du respect. (…) Mais à force de se retrancher derrière leurs fédérations, ils oublient que les patients, eux, n’ont pas de syndicat pour les défendre.»
«Et le gouvernement, lui, a raison de vouloir des résultats au nom des citoyens, qui paient des taxes et des impôts et qui s’attendent en retour à avoir accès à un réseau de santé pouvant les soigner le moment venu. Mais à force de brandir le bâton au nom de la « performance », il oublie que la confiance ne se décrète pas, elle se gagne.»
Il y a un « éléphant dans la pièce » observe le signataire:
«pourquoi nos médecins sont-ils encore rémunérés à l’acte, comme des travailleurs autonomes pouvant s’incorporer, plutôt que salariés de l’État »? (…) Cette situation hybride, où l’on combine les avantages du privé avec la sécurité du public, entretient une incongruité qui rend toute réforme encore plus complexe.»
«(…) Chacun parle fort, mais plus personne ne s’écoute. (…) Difficile de croire qu’autant de gens intelligents, des deux côtés, ne soient pas capables de s’asseoir ensemble pour trouver une solution juste, qui respecte aussi la capacité de payer des contribuables.»
«Le Québec n’a pas besoin d’un gagnant. Il a besoin d’un système de santé qui fonctionne. si la peur de perdre continue de guider les deux côtés, (…) c’est tout le monde qui va perdre, en commençant par la population», déjà prise en otage.
Ce ne peut être ce que l’on vise! Mais peut-être ce que l’on oublie ou sous-estime!
Nous n’avons pas à choisir pour l’un ou l’autre camp, nous avons à souhaiter, plaider, pour plus de hauteur social et moral.
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Source:
RAYES, Alain / Tout le monde perd quand personne n’écoute Loi 2 / La Presse / 19 novembre 2025
