Qu’en dire?

22 octobre 2025

 Je viens de traverser, pendant de trop longues insomnies,  un roman de Robert Lalonde qui, d’une part, me laisse sans voix et qui, d’autre part, soulève de multiples réactions difficiles a démêler. Il s’agit de Un poignard dans un mouchoir de soie, titre peu banal.

Dans tous les livres de Robert Lalonde que j’ai lus, deux constantes: la présence de ses grands amis, les écrivains, (ici: Paul Chamberland, Bruno Roy, Patrice Desbiens, etc.) et celle, toujours émouvantes, de la nature.

«Pendant que tout l’azur s’étoile dans la gloire et qu’un hymne s’entonne au renouveau doré, sur le jour expirant je n’ai donc pas pleuré (…)». (p. 81)

«Déja la rouille au faîte d’un érable, le vent qui pince, l’odeur poivrée de l’asclépiade en blancs flocons veloutés, au bord du trottoir, qu’il caresse au passage, le cœur cognant». (p. 189)

Au fil des pages s’ajoute ce que j’appelle un leitmotiv :

«C’est comme ça et pas autrement»

comme un martèlement de la fatalité.

 En quatrième de couverture, le décor est planté avec les trois personnages majeurs du roman.

Comme au THÉÂTRE, le roman se développe en trois actes, chacun introduit par une citation de Dostoievski:

«Je veux regarder vos yeux. Ne bougez pas. Je vais vous regarder.» (p. 11)

«Pourquoi ne pouvons-nous jamais apprendre tout sur quelqu’un, quand c’est indispensable?» (p. 95)

«Si je meurs, qui les aimera? Et si je vis, qui m’aimera, sinon eux?» (p. 173)

Beaucoup de misère, beaucoup de détresse, beaucoup de beauté, de poésie et d’art, beaucoup d’amour, beaucoup de profondeur de pensée, beaucoup de complexité. Un déroulement lent, une langue riche, des réalités troublantes.

Aimé?   Pas sûr…
Impressionée?  Certainement.


Source :

LALONDE, Robert / Un poignard dans un mouchoir de soie Boréal / Montréal  2018 / 198 pages

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