15 octobre 2025
Les déclassement patrimoniaux s’accumulent ces derniers jours au ministère de la Culture et des Communications du Québec. C’est ce dont on est informé par Jean-François Nadeau dans son article du jour: Destruction d’un pont d’exception à Potton, pont couvert pourtant classé patrimonial il y a moins d’un an pour satisfaire à une requête du ministère des Transports.
« Cette destruction programmée avant la fin de l’année survient alors que le ministre Mathieu Lacombe vient d’annoncer qu’il renonçait à protéger deux autres biens patrimoniaux eux aussi classés: un violon Stradivarius et son archet, acquis au sortir de la guerre à la suite d’une souscription populaire nationale, ainsi que le Château Beauce, une œuvre du réputé architecte Jean-Omer Marchand. »
Non seulement on est parcimonieux sur la reconnaissance du patrimoine, on déclasse allègrement ce qui avait été protégé. Au nom de quoi, s’il vous plaît?
« Seulement cinq ponts de ce type subsisteraient encore au Québec, (…) Celui-ci date de 1896. À l’époque, il servait à gagner les États-Unis. D’où son appellation de pont de la Frontière. »
«Comme il coûtait moins cher apparemment de détruire, on détruit »!
L’argent, valeur suprême qui efface l’histoire et cela, en pure perte.
« (…) tandis que le ministère de la Culture classait le bâtiment, celui des Transports organisait sa destruction (…) »,
L’un ignorant l’autre. Jeu de pouvoir?
« (…) Environ 1500 ponts couverts ont été construits au Québec. Il en subsiste moins d’une centaine. Le pont couvert de la Frontière est l’un des plus anciens encore existants, (…) ».
« le pont de la Frontière, à Potton, serait encore plus rare que ne l’affirme le MCC. «Je pense qu’il y en a peut-être seulement encore un semblable encore debout »
affirme Pascal Conner qui ajoute que
« C’est une situation inadmissible. Je ne vois pas l’idée de classer ce pont pour le protéger si, quelques mois plus tard, on veut le démolir! J’espère que ça ne se concrétisera pas.»
Je voudrais bien qu’il ait raison, mais le doute m’habite.
« Les documents officiels de l’État québécois accordent une valeur importante de cet ouvrage ancien pour deux motifs principaux. Une valeur historique (…) mais aussi une valeur technologique (…). »
Une fois encore, je me désole de notre manque de sensibilité à l’égard de ce qui parle de nous dans le temps. être sans traces nous convient?
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Sources
NADEAU, Jean-François / Destruction d’un pont d’exception à Potton / Le Devoir / Section: Une / 15 octobre 2025
PAQUET, Martin / Un déclassement ne devrait jamais se faire à la légère /
Le Devoir / Section: Éditorial / 10 octobre 2025
SIMARD, Élisabeth / Le Stradivarius Des Rosiers, un patrimoine vivant pour faire rayonner les musiciens d’ici / Le Devoir / Section: Libre opinion / octobre 2025
