Pour être étonné et ému

8 septembre 2025

La fluidité de la lecture de Seul dans le noir de Paul Auster, écrivain américain, me dit que la traduction est certainement tout à fait réussie.

«Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m’efforçant de venir à bout d’une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain. À l’étage, ma fille et ma petite fille sont endormies, seules, elles aussi, chacune dans sa chambre: Myriam, 47 ans, ma fille unique, qui dort seule depuis cinq ans, et Katya, vingt-trois ans, la fille unique de Miriam, qui a dormi quelque temps avec un jeune homme du nom de Titus Small mais Titus est mort et maintenant Katya dort seule avec son coeur brisé.» (p. 11)

C’est ainsi que Paul Auster nous introduit dans son monde nocturne.

Mais son insomnie sera peuplé de bien d’autres choses, fruits d’une imagination productrice, avant de nous revenir, avec une grande tendresse et une bouleversante émotion, auprès de sa fille et de sa petite fille dans le troisième tiers du roman pour se raconter et les raconter.

«Ce monde étrange continue de tourner, Myriam. (…) Oui, papa, dit-elle, en examinant sa fille d’un œil soucieux, ce monde étrange continue de tourner.» (p. 182)

 Ne pourrions-nous pas redire en chœur ces paroles?

J’ai beaucoup aimé ce livre, étonnant à  plusieurs égards, avec quelques passages escamotés à cause de la cruauté des descriptions.

Sur le site de Babelio on peut lire un bon nombre de commentaires des lecteurs de Seul dans le noir.

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Source:

AUSTER, Paul / Seul dans le noir / Actes Sud / Leméac / Paris / 2009 / traduit de l’Américain par Christine Le Bœuf / 182 pages

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