22 novembre 2025
La section Idées du Devoir est généralement parmi les plus intéressantes pour moi. Cela se confirme dans l’édition du 21 novembre 2025. Deux textes m’ont impressionnée par la qualité de leur rédaction, la clarté de leur énoncé et l’ouverture d’esprit des signataires. Je parle ici des articles de Sébastien Sainclair et Mohamed Lotfi.
Dans le premier cas, Sébastien Sainclair réagit à la vague de protestations qu’a suscité le passage de Mathieu Bock-Côté à l’émission Tout le monde en parle. Il ne partage pas ses points de vue mais il croit
«(…) qu’il est sain — et même nécessaire — qu’ils puissent être entendus à la télévision publique dans une société démocratique et pluraliste.»
«(…) — c’est son droit le plus strict d’exprimer ce qu’il pense. Et c’est le rôle d’un média d’État, dans une démocratie, de tendre le micro aussi à des personnes avec qui nous ne sommes pas d’accord. (…)»
«(…) je suis mal à l’aise quand une partie de la société, (…) réclame de limiter la parole de ses adversaires. Je préférerai toujours vivre dans une société où un coucou peut dire des âneries et où un conservateur peut dire des grossièretés plutôt que dans une société où un pouvoir (…) décide quelles idées ont le «droit» d’exister.»
«Si nos idées sont solides, elles survivront au débat. Si nos arguments sont cohérents, ils tiendront la route. Si nos représentants sont sincères, ils sauront inspirer confiance. On n’a jamais progressé collectivement en fermant la porte. On progresse en débattant. En confrontant les idées. En répondant. » En devenant meilleurs.»
«(…) si on dit qu’on croit en la démocratie, il faut aussi croire en ceux qui la font vivre. Croire à l’intelligence des gens. À leur capacité de réfléchir. À leur capacité de comprendre, de juger, de décider par eux-mêmes.»
«(…) croire en la démocratie, c’est croire au peuple. Pas juste quand il pense comme nous — mais surtout quand il pense autrement.»
Oui, si on a confiance en nous-mêmes, en nos idées, en notre argumentation, pourquoi craindre l’autre, le bâillonner, l’accabler? Pourquoi ne pas l’écouter et réagir au lieu de fuir et de mépriser?
Je salue et soutien le point de vue de Sébastien Sainclair, point de vue à adopter et à pratiquer.
Dans le second cas, Mohamed Lofti ne tergiverse pas. Il s’affirme avec clarté, avec assurance, avec conviction sans craindre l’autre, sans l’affubler.
«Si jamais le Québec tient un troisième référendum sur la souveraineté, je voterai «oui» sans la moindre hésitation.»
et il développe son choix avec tout autant de précision et de conviction.
Voilà quelqu’un qui s’affirme sans avoir besoin de démoniser ou de faire taire l’autre.
Dans les deux cas soumis, ce sont des modèles à adopter.
C’est en écoutant l’autre que nous développons les racines
De nos propres convictions et que nous les partageons avec assurance et sans mépris.
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Sources:
SAINCLAIR, Sébastien / La discussion démocratique / Le Devoir / Section: Idées / 21 novembre 2025
LOFTI, Mohamed / Une nation peut-elle naître dans l’ambiguïté? / Le Devoir / Section: Idées / 21 novembre 2025
