Poème de Marie-Lou

16 décembre 2017
Un père très fier de sa fille m’a donné à lire un poème qu’elle vient d’écrire. Je ne sais si c’est son premier ou si elle en a d’autres en réserve. J’ai été touchée par les images que ce texte suscite et par le sous-texte qu’elles révèlent. Touchée aussi par l’intérêt manifeste pour les mots, par le travail que nécessite cette forme d’écriture. Touchée par cette jeunesse qui a quelque chose à dire et qui travaille à le bien dire. C’est pour toutes ces raisons que je vous donne à lire ce poème de Marie-Lou Gadoury-Campbell, 15 ans, élève en secondaire IV.
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Hiver Solitaire

Hautes montagnes de glace sur les vitres se dressant
Innocents flocons scintillants virevoltant dans le vent
La neige d’un blanc pur recouvre le sol d’un épais manteau
Le froid glacial a fait fuir le plus brave des oiseaux

L’homme de glace se dresse sur la montagne, il attend
Il se sent si seul, à observer tous ces gens
Ce qu’il aimerait, lui aussi, dévaler la côte en traîneau
Goûter aux plaisirs futiles de l’hiver, être libre comme un oiseau

En bas se baladent patineurs, randonneurs et skieurs
Il les contemple, non sans un ressenti de rancœur
Il ne peut que rester là, immuable
Telle une statue glacée au cœur intouchable

Le vent lui sifflote parfois de douces mélodies
La neige tente bien que mal de tromper son ennui
Mais il n’y a rien à faire, il ne peut que rester solitaire
Après tout, ce n’est que pour l’éclipse d’un hiver

Sa destinée éphémère est inébranlable
Dès son humble création, il en était conscient
Il n’en reste pas moins qu’il aimerait tant connaître une vie plus agréable
Que celle d’un quelconque bonhomme de neige insignifiant.

 

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