L’étincelle !

19 mars 2019

Il a fallu que je persévère dans la lecture de L’élégance du hérisson jusqu’à la page 210 avant que l’étincelle se produise, c’est-à dire, jusqu’à la visite de Renée, la concierge chez M. Ozu, un riche japonais nouvellement installé dans l’immeuble du 7 rue de Grenelle. Jusque-là, le récit ne m’allumait pas malgré d’intéressantes réflexions qui retenaient mon attention et nourrissaient ma réflexion.

Le premier éclat de cette étincelle est la description suivante d’une nature morte devant laquelle la concierge est médusée en entrant dans l’appartement de M. Ozu :

«C’est une nature morte qui représente une table dressée pour une collation légère d’huîtres et de pain. Au premier plan, dans une assiette en argent, un citron à demi dénudé et un couteau au manche ciselé. À l’arrière plan, deux huîtres fermées, un éclat de coquille dont la nacre est visible et une assiette en étain qui contient sans doute du poivre. Entre deux, un verre couché, un petit pain à la mie dévoilée et, sur la gauche, un grand verre à demi rempli d’un liquide pâle et doré, bombé comme une coupole inversée et au pied large et cylindrique orné de pastilles de verre. La gamme chromatique va du jaune à l’ébène. Le fond est d’or mat, un peu sale.» (p. 214)

Voilà une description qui dessine!

Et l’étincelle qui embrase, c’est le déroulement et le climat de cette soirée entre deux personnes au statut social aux antipodes mais aux affinités culturelles immenses. Ces quelques pages justifient le long parcours pour y arriver.

Pour moi, le lien entre ces deux personnages constitue le temps fort du roman et m’a permis d’en compléter la lecture. Comme quoi, on peut rater de belles découvertes et surtout de grandes émotions en refermant trop rapidement un livre.

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Barbery, Muriel / L’élégance du hérisson / Paris, Gallimard, 2006, 356 pages

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