La société a besoin de la parole de Stéphane Laporte

17 mai 2020

Oui, la société a besoin de la parole de Stéphane Laporte cette parole si réfléchie, si juste, si mesurée, si bien dite. Son article du jour lien La peine en constitue un exemple vibrant.

 Si j’ai besoin d’en parler, ce n’est pas pour le commenter ou le paraphraser, c’est simplement pour appuyer, pour surligner des propos que j’embrassent particulièrement.

Chaque mot, chaque phrase appellent à la réflexion, à la méditation, gestes trop rares en ces temps d’exaspération.

Il sait même le faire avec humour :

«Ça gueule fort sur les réseaux sociaux. Heureusement que les postillons ne sont pas en pièces jointes.»

pour parler des «gens de notre présent qui s’évanouissent», il utilise une éloquente métaphore, celle du «puzzle du destin» qui se défait morceau par morceau, alors «qu’il nous avait fallu tellement de temps à résoudre».

Cette image me touche profondément. Je pense si souvent aux efforts herculéens investis à tous égards pour construire une vie qui sera inéluctablement engloutie.

Et que de poétiques images pour dire l’absence définitive :

«C’est une lumière qui s’éteint dans sa demeure. Une chambre qui se condamne. Un jardin qui rétrécit. Une vivace qui ne refleurira plus. »

Et que dire de cette si sage réflexion prolongée par un judicieux conseil:

«C’est vrai que ce que nous vivons est intolérable, mais un peu de retenue ne nous ferait pas de mal. Même que ça nous ferait du bien. Par respect pour les milliers de morts, (…) pourrions-nous juste baisser le ton ? Pour honorer un deuil, il ne suffit pas d’une minute de silence. Ça prend aussi des heures de douceur. Débattons civilement. (…)»

Nourrissons-nous de ce texte d’une profondeur, d’une sagesse et d’une lucidité aidantes, texte inspiré par une peine exprimée et accueillie.

Source:

Stéphane Laporte / La peine / La presse plus 16 mai 2020

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