4 novembre 2025
Bernard Roy, professeur titulaire à l’université Laval déclare la situation actuelle des relations entre le Gouvernement du Québec et les médecins de« résistance médicale systémique ». Il en expose les points forts depuis plus de 60 ans:
« À la fin des années 1960, (…) les médecins ont refusé d’intégrer les CLSC, rejetant la salarisation et la gouvernance citoyenne. (…).»
«En 1970, lors de l’adoption de la loi sur l’assurance maladie, des milliers de médecins ont déclenché une grève. (…).»
Puis, il y a eu la résistance aux déploiement des sages femmes.
«Leur légalisation dans les années 1990 a été précédée d’une opposition médicale fondée sur des enjeux prétendument liés à la compétence et à la sécurité.»
«Même logique pour les infirmières praticiennes spécialisées en première ligne (IPSPL). (…).»
La clinique SABSA, fondée en 2011 à Québec, illustre également cette résistance.
«La crise actuelle révèle le pouvoir considérable des médecins sur le système et les orientations politiques.»
«Ni la rigidité comptable du ministre Dubé ni les corporatistes inflexibles des fédérations médicales ne nous sortiront de l’impasse. Le Québec a besoin d’une nouvelle vision. La crise actuelle relève d’une coproduction de gens de pouvoir, médecins et gouvernants. Ne serait-il pas temps que ces acteurs se poussent pour laisser place à de nouvelles voix/voies?»
La question est pertinente et importante.
Une telle mise en perspective des crises successives traversées éclaire la situation actuelle. Elle est bienvenue.
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Source:
ROY, Bernard / Chronique d’une résistance médicale systémique / Le Devoir / Section: Idées / 3 novembre 2025
