Je vous suggère

15 novembre 2020

Je vous suggère d’aller lire (si ce n’est déjà fait) le brillant texte de Patrick Moreau: Les agélastes publié dans Le Devoir du 14 novembre dernier.

Le signataire commence par expliquer ce que sont les agélastes

«Ce néologisme inventé par Rabelais, et dont Milan Kundera se désolait que la langue française ne l’ait pas conservé, signifie ceux qui ne rient pas, qui n’ont pas le sens de l’humour.  Ceux-là, (…) Rabelais ne les aimait pas. Ils symbolisaient à ses yeux tous ces gens qui se prenaient trop au sérieux (…) Non seulement ils n’entendaient pas eux-mêmes à rire, mais ils ambitionnaient de mettre tous les rieurs au pas, ne rêvant que d’expiation des péchés, de pénitences imposées, d’autodafés, de bûchers où l’on jetterait masques et jeux de cartes, en attendant d’y pousser quelques hérétiques qui auraient osé ricaner au passage de la procession des bonnes intentions.»

Cette référence au passé, grâce à une riche culture historique et  littéraire,  met la table pour éclairer ce que nous vivons présentement et particulièrement la position de Radio-Canada autour d’un épisode de La petite vie.

«(…) le monde (…) n’en a pas fini avec les agélastes» explique et démontre Patrick Moreau. «(…) ils prennent tout au premier degré. (…) les agélastes (…) ne goûtent pas la plaisanterie. Pourquoi ? Parce que, (…) ils sont «persuadés que la vérité est claire, que tous les hommes doivent penser la même chose et qu’eux-mêmes sont exactement ce qu’ils pensent être». Ils croient, grâce à leurs vociférations et à leurs rodomontades, chasser le silence de l’univers et combler le vide de leur âme. C’est sans doute pourquoi le moindre sourire leur semble sardonique et méchant, et pourquoi ils voient partout des insultes. (…)»

Il est tellement intéressant de mettre nos psychodrames collectifs en perspective pour les mieux comprendre et évaluer.

Patrick Moreau termine son texte  avec un constat assorti d’une suggestion:

«Nous vivons une époque désespérément crispée. En rire un peu nous ferait certainement, collectivement, du bien. (…)»

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