Il y a des degrés dans la sévérité du confinement (suite)

13 mai 2020

Je me désolais, il y a quelques jours, de ne pouvoir apporter du réconfort a une personne privée de lecture en braille parce que la Grande bibliothèque a interrompu ses services et parce que l’institution qui l’héberge était privée de courrier depuis le 16 mars.

Hantée par cette privation, j’ai contacté la direction générale de la résidence  et j’ai appris que le courrier retenu à poste Canada depuis près de deux mois serait restitué aux résidents dans les prochains jours.

Le lecteur que je tente d’alimenter pourra au moins recevoir quelques volumes que je lui ai fai parvenir. Cela me réjouit et je désire partager ce geste positif. Mais, ce n’est qu’une éclaircie car huit volumes en braille ne représentent pas huit titres. En fait, cela correspond à deux titres. Par conséquent, mon lecteur se retrouvera rapidement de nouveau en panne de lecture car moi-même je n’ai plus de réserves.

C’est auprès de la Grande bibliothèque et des organismes pour non-voyants qu’il faut lever le drapeau. Oui, certains offrent, sur demande, des copies audio d’ouvrages. Mais le silence est total côté braille ce qui élimine tout service aux personnes souffrant de surdicécité. Et je suis sûre que la situation dont je parle n’est certainement pas unique.

Puisse la Grande bibliothèque et particulièrement les Services québécois du livre adapté SQLA (que j’ai d’ailleurs contactés en la personne de la bibliothécaire), l’Institut Nazareth et Louis-Braille et l’Institut Raymond-Deward vibrer à la détresse des individus dont on creuse l’isolement encore pour longtemps si des mesures particulières ne sont pas prochainement prises.

Je comprends très bien le sérieux de la pandémie et la complexité de la gestion de cette crise, mais je crois qu’avec de la sensibilité et de l’initiative institutionnelles de petits gestes pourraient être posés pour apporter un peu de confort et d’espoir aux personnes plus cruellement privées.

Je ne veux pas croire qu’il soit impossible de trouver des bénévoles pour livrer cette sorte de nourriture à des lecteurs affamés. Mais faut-il encore que lesdits livres puissent être mis en circulation pour rejoindre les personnes dont les livres en braille constituent presque une bouée de survie.

Je me réjouis de la bonne nouvelle du jour; le courrier sera livré à ladite résidence. J’espère pouvoir me réjouir une seconde fois lorsque les livres en braille seront acheminés à ceux dont c’est la seule compagnie et le seul loisir pendant la dure réalité actuelle.

Merci à ceux qui interviendront.

2 réponses sur “Il y a des degrés dans la sévérité du confinement (suite)”

  1. Bonjour Danielle,

    J’ai aussi « levé le drapeau » auprès de la Grande bibliothèque en m’adressant au Directeur général, Monsieur Jean-Louis Roy. La réponse est sans espoir puisqu’elle s’appuie strictement sur les consignes générales. Si des individus ont en main des livres en braille dont ils ont complété la lecture, ils peuvent se manisfester à titre personnel.

  2. Bonjour Nicole,
    J’espère une suite à ta démarche…
    et que quelqu’un sera sensible àD ce problème; qui doit Èetre vécu par d’autres personnes.
    Malheureusement les associations de toutes sorte ne se font pas entendre dans les médias
    pour sensibiliser le public aux personnes qui ont des besoins spécifiques
    et les représenter auprès des autorités pour établir des protocoles afin que la vie soit un peu plus facile
    en ces temps difficiles.
    J’espère de l’amélioration pour tous
    Danielle

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