Des délicatesses de coeur

9 novembre 2021

J’ai reçu deux cartes d’anniversaires par la poste cette année (c’est un événement en soi), quelques coups de fil et plusieurs messages par courriel. C’est toujours touchant ces signes qui nous disent que l’on existe encore pour quelqu’un cette année.

L’une des cartes était faite main et tout à fait personnalisée. La voici:

Elle porte deux inscriptions en braille, du braille fantaisiste, tactile et visuel.

Dans la fenêtre:  Nicole

À l’intérieur: Bon anniversaire

La délicatesse de pensée et le temps investi pour réaliser ce cadeau unique m’ont profondément émue. Ce sont de tels gestes dont je cultive de plus en plus la pensée reconnaissante et réparatrice.

Je dépose cette carte sur le lutrin du piano où se trouve déjà un petit mot écrit en braille fantaisiste et festif:

Merci!

Ce petit bijou, réalisé par des enfants (guidés par leur grand’mère) à qui j’avais offert de petites surprises.

De tels gestes d’humanité et de sensibilité, nous ne les racontons pas suffisamment. Pourtant, ils pourraient inspirer.

Je ne peux résister à témoigner de deux autres grandes surprises que j’ai vécues, il y a fort longtemps,  avec émotion autour du braille.

Lorsque j’étudiais à l’extérieur du Québec pendant quelques années, j’ai reçu un jour une lettre en braille de ma mère. À mon insu, elle l’avait appris seule après mon départ réalisant sans doute que je ne pouvais lire avec discrétion les lettres manuscrites qu’elle m’envoyait.

À la même époque, je reçois un jour une lettre en braille d’un bon ami parti en voyage pendant quelque temps. Il s’était mis au braille spontanément. On n’en avait jamais parlé.

Après des décennies, je ressens encore l’intense émotion éprouvée à la lecture de telles lettres. Se sentir ainsi respecter est sans mot et n’a pas de prix.

Comprendre que quelqu’un a consacré autant de temps et de travail pour me parler personnellement dit la qualité de la relation.

Quand on se sent en déficit, il peut arriver qu’on oublie, qu’on désespère ou que l’on ne croit plus à cette sorte de générosité de coeur et de geste.

Merci à Hélène, à Louise, à maman et à Claude. Merci aux dizaines de personnes qui, de multiples façons, ont cru en moi, m’ont accompagnée et aidée à me réaliser.

Trop de ces généreuses personnes sont parties. Mais, comme Boucar Diouf écrivait aujourd’hui dans La presse : «un humain n’est vraiment mort que lorsque les vivants l’ont oublié,», ce qui ne m’arrivera pas à leur égard.

J’ai beaucoup exigé de la vie, je ne lui ’ai probablement pas fait suffisamment confiance, et je n’ai jamais assez remercié.

 

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *