26 juillet 2025
Danser les ombres est le premier titre de Laurent Gaudé que je lis. Roman saisissant dans lequel les forces de la vie et de la mort s’enchevêtrent avec une fièvre soutenue et impressionnante.
La grande tragédie du roman se produit au centre du livre; le tremblement de terre en Haïti.
«Personne n’avait remarqué que les oiseaux s’étaient tus, que les poules, inquiètent, s’étaient figés de peur. Personne n’avait remarqué que le monde animal tendait l’oreille, tandis que les hommes, eux, continuaient à vivre. Mais d’un coup, sans que rien ne l’annonce, d’un coup, la terre, subitement, refusa d’être terre, immobile, et se mit à bouger» p. 128, Chapitre VI)
Et la suite, comme ce qui précède, raconte la vie, les misères, les inégalités sociales, les luttes, mais aussi la solidarité, la résilience et la remarquable force de vie des individus, de leur communauté.
En Quatrième de couverture, les éditeurs écrivent:
«Pour rendre hommage à Haïti, (…) Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l’instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli.»
et une fièvre extraordinaire s’exprime au dernier chapitre (Dame petite p.227-244) lorsque le Vieux déclare:
«Pour que les vivants vivent, ils faut que nous semions les morts» (p. 230)
Ce sont des pages d’une déchirante remontée vers la vie.
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Source:
GAUDÉ, Laurent / Danser les ombres / Actes Sud/Leméac Arles/Montréal / 2015 / 250 pages
